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Abus sexuels en Centrafrique : des soldats français visés par une enquête

Des soldats français sont déployés en Centrafrique depuis le 5 décembre 2013 dans le cadre de l'opération Sangaris puis au sein de la mission de maintien de la paix de l'ONU (MInusma).
Des soldats français sont déployés en Centrafrique depuis le 5 décembre 2013 dans le cadre de l'opération Sangaris puis au sein de la mission de maintien de la paix de l'ONU (MInusma). Sia Kambou, AFP

Quelques heures après les révélations, mercredi, du "Guardian", sur de possibles abus sexuels commis par des militaires français en Centrafrique, le parquet de Paris a annoncé qu’une enquête préliminaire avait été ouverte en juillet 2014.

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Les réactions se multiplient, quelques heures après la publication, mercredi 29 avril, d’un article du quotidien britannique "The Guardian" révélant que, selon un rapport interne de l’ONU, des militaires français auraient commis des abus sexuels sur des enfants à Bangui, en Centrafrique, entre décembre 2013 et juin 2014.

>> À lire sur France 24 : "L'ONU a-t-elle enterré un rapport accusant des soldats français d'abus sexuels en Centrafrique ?"

L’ONU a reconnu mercredi soir qu’une enquête avait été menée au printemps 2014 sur des "accusations graves d'exploitation sexuelle et d'abus commis sur des enfants par des militaires français" en République centrafricaine avant que n’y soit déployée la force Minusma de maintien de l’ordre. Le porte-parole adjoint de l'ONU, Farhan Haq, a également confirmé qu’un responsable de l’organisation avait été suspendu la semaine dernière pour avoir transmis en juillet 2014 les résultats de cette enquête aux autorités françaises, au mépris des procédures.

Une source onusienne proche de ce dossier contactée par France 24 a rappelé que dans ce genre de dossier, les Nations unies ne transmettent pas les informations aux autorités d'un pays dont les ressortissants sont mis en cause, afin de ne pas nuire à l'enquête et d'éviter que des pressions puissent être exercées sur les victimes.

Enquête préliminaire

De son côté, le ministère français de la Justice a annoncé que le parquet de Paris avait ouvert le 31 juillet 2014 une enquête préliminaire pour abus sexuels sur mineurs imputés à des militaires français en Centrafrique. "L'enquête est en cours, nous n'avons pas de commentaire à faire", a déclaré à Reuters le ministère.

Dans le cadre de cette enquête, qui est assortie de demandes d'entraide à l'international, des gendarmes français se sont rendus en Centrafrique le 1er août 2014 pour y commencer leurs investigations.

Une source judiciaire précise que le parquet a pris cette initiative après avoir eu connaissance du rapport des Nations unies, un document longtemps resté secret qu'un travailleur humanitaire de l'organisation, Anders Kompass, choqué de cette inertie, s'est résolu à transmettre aux autorités françaises.

En parallèle, un communiqué du ministère de la Défense a annoncé que les ministères français de la Défense et des Affaires étrangères avaient "été saisis à la fin de juillet 2014 par le Haut commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU de témoignages d'enfants centrafricains accusant d'agressions sexuelles des militaires français de l'opération Sangaris".

Ces témoignages "retracent des faits qui auraient été commis sur une dizaine d'enfants, sur le site de l'aéroport de M'Poko, en Centrafrique, entre décembre 2013 et juin 2014", précise le texte.

"Sanctions les plus fermes"

Le ministère de la Défense déclare avoir immédiatement conduit une "enquête de commandement" (interne) et saisi des faits le parquet de Paris, qui a ouvert l'enquête préliminaire actuellement en cours.

Le communiqué ajoute encore que "le ministre de la Défense a pris et prendra toutes les mesures nécessaires pour permettre la manifestation de la vérité. Si les faits étaient avérés, il veillera à ce que les sanctions les plus fermes soient prononcées à l'égard des responsables de ce qui serait une atteinte intolérable aux valeurs du soldat".

Selon le correspondant de France 24 en Centrafrique, Anthony Fouchard, le gouvernement centrafricain a prévenu qu'il ne s'exprimerait pas "avant d'avoir fait le tour de la question".

Avec AFP et Reuters
 

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