ÉTATS-UNIS

États-Unis : calme précaire à Baltimore après une première nuit sous couvre-feu

Un manifestant fait face à la police à Baltimore, le 28 avril au soir, alors que le couvre-feu a été décrété dans la ville.
Un manifestant fait face à la police à Baltimore, le 28 avril au soir, alors que le couvre-feu a été décrété dans la ville. Mark Makela, Getty images North America, AFP

Malgré des heurts circonscrits à Baltimore, un calme précaire s'est installé dans la nuit de mardi à mercredi, au lendemain de violentes émeutes, qui ont embrasé cette ville du nord-est des États-Unis. La veille, un couvre-feu avait été décrété.

Publicité

Officiellement, les rues de Baltimore sont interdites entre 22 h et 5 h du matin, conformément à un couvre-feu mis en place mardi 29 avril, et ce pour une semaine. Mais dans les faits, plusieurs dizaines de manifestants ont bravé l'interdiction dans la nuit de mardi à mercredi, entraînant l'intervention de la police de cette ville du nord-est des États-Unis.

"Les forces de l'ordre utilisent désormais des bombes au poivre face à une foule agressive", a indiqué dans la nuit la police sur son compte Twitter, après avoir indiqué que des individus "agressifs" lançaient "des objets" sur des officiers. Et de signaler qu'un incendie avait également été allumé par des "criminels" devant une bibliothèque. Plusieurs chaînes de télévision, dont CNN, ont évoqué le tir de fumigènes ainsi que des balles en plastique.

Plus d'un millier de policiers et 2 000 gardes nationaux ont été déployés mardi soir en amont du couvre-feu et pendant les minutes précédant son entrée en vigueur, des patrouilles de police et un hélicoptère munis de haut-parleurs prévenaient l'imminence de sa mise en place.

La situation semblait toutefois rester sous contrôle, ainsi que le rapporte le correspondant de France 24 Stanislas de Saint Hippolyte. "C'est assez calme et a priori cela va le rester", a-t-il déclaré depuis le centre de Baltimore. À l'heure du couvre-feu, "il y avait encore des dizaines de manifestants, beaucoup de tensions, on a vu des jets de projectiles", raconte-t-il, mais les manœuvres des forces de l'ordre ont eu pour effet de disperser les jeunes venus défier la police. "Cette dispersion a été effective", a constaté Stanislas de Saint Hippolyte.

it

"Il n'y a pas beaucoup de mouvements dans la ville, donc le couvre-feu fonctionne. Le plus important est que nos concitoyens soient en sécurité, que la ville soit calme, et nous espèrons que cela perdure", a déclaré lors d'une conférence de presse le chef de la police de Baltimore Anthony Batts.

Des violences avaient éclaté lundi après l'inhumation d'un jeune homme noir, Freddie Gray, 25 ans, mort quelques jours plus tôt dans des circonstances encore inexpliquées alors qu'il était détenu par la police. Un drame qui a exposé une nouvelle fois la méfiance entre la communauté noire et la police. Lors des émeutes, une vingtaine de policiers avaient été blessés et environ 250 personnes ont été interpellées.

Barack Obama, premier président noir des États-Unis, a lui-même condamné comme beaucoup d'autres responsables les violences qui ont enflammé cette ville de 620 000 habitants lundi, et admis qu'elles étaient révélatrices d'une crise latente entre la jeunesse noire et la police. "Nous avons vu trop d'exemples d'interactions entre la police et [...] des gens, surtout des Afro-Américains, souvent pauvres, qui soulèvent des questions troublantes", a-t-il déclaré.

Il a exhorté la police et la communauté noire à "l'introspection" après plusieurs faits divers où des Noirs non armés ont été tués par des policiers blancs. Ces drames avaient provoqué des manifestations qui ont viré parfois aux émeutes, notamment à Ferguson, dans le Missouri à l'été 2014.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine