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Viols d'enfants en Centrafrique : "Des allégations pas prises au sérieux par l’ONU"

Soldats français engagés fin 2013 dans l'opération Sangaris en Centrafrique.
Soldats français engagés fin 2013 dans l'opération Sangaris en Centrafrique. Pacôme Pabandji, AFP

Le rapport de l'ONU faisant état de viols sur mineurs commis par des soldats français engagés en Centrafrique aurait pu passer sous silence sans l'intervention de Paula Donovan, directrice de AIDS-Free World. Sur France 24, elle explique sa démarche.

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L’affaire est embarrassante pour les Nations unies et l'état-major français. Le rapport de l'ONU faisant état de viols sur des enfants commis par des soldats français engagés dans le maintien de la paix en Centrafrique a provoqué un branle-bas de combat au sein des deux institutions. Mais ce rapport aurait bien pu rester confidentiel sans l’intervention d’une femme.

Paula Donovan, directrice de AIDS-Free World, - une ONG qui travaille sur les cas de viols et d'abus sexuels commis lors des missions de maintien de la paix -, s’est procuré le rapport consignant les témoignages des victimes présumées. Effarée par le dossier et bien décidée à le révéler au grand jour, la directrice de l'organisme a remis les documents compromettants entre les mains des journalistes du quotidien britannique "The Guardian".

>> À lire sur France 24 : L'ONU a-t-elle enterré un rapport accusant des soldats français d'abus sexuels en Centrafrique ?

"Le lanceur d'alerte aurait suscité plus d'intérêt que le manque d'attention de l'ONU pour les victimes et les auteurs de ces crimes, affirme mercredi 29 avril la directrice sur l’antenne de France 24. C'est pour cela que j'ai décidé de contacter un journaliste du 'Guardian' qui parlerait de cette histoire. Parce que ces allégations de graves crime sexuels ne sont vraiment prises au sérieux par les Nations unies que quand l'organisation est elle-même en danger d'être publiquement exposée par les médias pour la façon dont elle a su gérer ou non la situation."

Soutien psychologique

Les Nations unies, qui avaient ouvert une enquête au printemps 2014 et recueilli ces témoignages, ont transmis en juillet dernier le rapport d'enquête aux autorités françaises, au mépris des procédures de l'organisation. Le responsable de l'ONU incriminé a depuis été suspendu le 17 avril et fait l'objet d'une enquête de l'institution, a confirmé le porte-parole adjoint de l'ONU Farhan Haq.

Depuis l'ouverture de l'enquête en France, des magistrats militaires se sont rendus à leur tour en Centrafrique pour recueillir de nouveaux témoignages.

L'Unicef, qui a également pris part à l'enquête onusienne et interrogé les enfants qui s'étaient plaints d'abus sexuels, les a "confiés à des ONG partenaires présentes sur le terrain pour qu'ils puissent recevoir un soutien psychologique", selon le porte-parole de l'Unicef basé à Dakar, Thierry Delvigne.

Paris a lancé en décembre 2013 l'opération Sangaris et déployé 2 000 militaires avec l'aval de l'ONU pour restaurer la sécurité en Centrafrique. Il s'agissait de mettre fin aux massacres commis sur des civils tant par la rébellion Séléka (qui visait les chrétiens) que par les milices anti-bakala (qui s'en prenaient aux musulmans).

Avec AFP
 

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