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Centrafrique : l'archevêque de Bangui ne veut pas "jeter l'opprobre" sur la mission Sangaris

L'archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga.
L'archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga. Capture d'écran France 24

Alors que l'opération Sangaris est au cœur des critiques, certains soldats étant accusés d'avoir abusé sexuellement des enfants en Centrafrique, l'archevêque de Bangui prône au micro de France 24 l'apaisement et appelle à ne pas faire d'amalgames.

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Les accusations de viols sur des enfants par des soldats de l'opération Sangaris en 2014 en Centrafrique ont mis les militaires français dans une situation difficile. Alors que le président François Hollande a prévenu qu'il serait "implacable" si les fait étaient avérés, et que les militaires en général sont montrés du doigt, l'archevêque de Bangui joue la carte de l'apaisement, appelant à ne pas faire d'amalgame.

"La mission Sangaris, c'est un grand groupe. Et dans tout groupe, il peut y avoir des brebis galeuses", explique Dieudonné Nzapalainga à France 24. "Cela ne veut pas dire qu'on doit jeter l'opprobre sur un groupe. Bien au contraire, il faut demander à ceux qui seraient coupables de répondre de leurs actes, mais la mission Sangaris doit maintenir ses objectifs" et sa présence en Centrafrique, estime l'archevêque.

Des témoignages d'enfants victimes, sur une période allant de décembre 2013 à juin 2014, figurent dans un rapport de l'ONU, dont Paris a eu connaissance. La justice française a ouvert une enquête préliminaire en juillet 2014, restée secrète jusqu'à ce qu'un article du quotidien britannique "The Guardian" révèle l'affaire mercredi 29 avril.

Quatorze soldats français en cause

Jeudi, une source judiciaire française a précisé que 14 soldats français étaient mis en cause et que "très peu" avaient été identifiés par l'enquête, toujours en cours. Ils ne seraient cependant pas les seuls mis en cause : selon l'ONG américaine Aids-Free World, à l'origine des révélations, trois soldats du Tchad et deux de Guinée équatoriale sont aussi accusés dans le rapport de l'ONU.

C'est en juillet 2014 que le ministère français de la Défense reçoit un rapport établi par des personnels du Haut-commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU positionnés en Centrafrique, où l'armée française s'est déployée dans le cadre de l'opération Sangaris, destinée à empêcher une guerre civile. Une dizaine d'enfants - le plus jeune a neuf ans - y affirment qu'en échange de nourriture ou sous la menace, des soldats ont abusé d'eux sexuellement dans le quartier de l'aéroport de la capitale centrafricaine.

Alors que certaines ONG critiquent la gestion de l'affaire par les Nations Unies, les accusant d'avoir voulu étouffer le dossier, le Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a vivement réagi vendredi 1er mai : "Toute insinuation affirmant que Zeid Ra'ad Al Hussein (l'actuel Haut-commissaire aux droits de l'Homme) aurait essayé de couvrir des abus sexuels sur des enfants est franchement offensante", a déclaré aux médias à Genève son porte-parole, Rupert Colville.

Les ONG fondent leurs critiques sur la suspension d'Anders Kompass, directeur des opérations de terrain au Haut-commissariat de l'ONU pour les droits humains, qui fait l'objet d'une enquête interne. C'est lui qui a transmis à Paris le rapport intitulé "Abus sexuels sur des enfants par les forces armées internationales", en réaction à ce qu'il a considéré être l'inaction de l'ONU dans ce dossier.

Avec AFP

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