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Allemagne : Angela Merkel à Dachau pour les 70 ans de la libération du camp de la mort

La chancelière allemande se recueille devant le mémorial du camp de Dachau le 3 mai 2015.
La chancelière allemande se recueille devant le mémorial du camp de Dachau le 3 mai 2015. Christof Stache, AFP

D'anciens déportés et Angela Merkel étaient réunis à Dachau, ce dimanche, pour les 70 ans de la libération du camp de concentration. Une commémoration qui prend un relief particulier en raison de la participation exceptionnelle de la chancelière.

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Le 29 avril 1945, les rescapés du camp de Dachau, situé dans le sud de l’Allemagne, étaient libérés par les Alliés. Soixante-dix ans plus tard, les survivants ne sont plus très nombreux. Mais malgré leur grand âge, près de 130 survivants ont repassé, ce 3 mai 2015, les grilles en fer du camp de la mort pour célébrer le soixante-dixième anniversaire de sa libération.

Dans cette année de commémorations de la fin de la barbarie nazie, cette cérémonie a pris un relief particulier en raison de la participation exceptionnelle de la chancelière allemande, qui n'avait jusque là pas participé aux cérémonies dans un camp de concentration.

La présence d’Angela Merkel vise à rappeler l’importance du devoir de mémoire aux nombreux Allemands qui seraient tentés de tirer un trait sur cette page sombre de leur histoire.

"L’Allemagne revient de très loin puisque en 1991, après la chute du Mur (…), seul 20% des Allemands estimaient que l’enseignement de l’Holocauste et que le travail de mémoire étaient importants. Ils sont aujourd’hui 38%", explique Anne Mailliet, la correspondante de France 24 en Allemagne.
 

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L'hommage de Merkel

Arrivée sous des trombes d'eau, Angela Merkel a été accueillie notamment par le président du Conseil central des Juifs d'Allemagne, Josef Schuster. Avec un ancien déporté français de 94 ans, Clément Quentin, la chancelière, le visage fermé, a déposé une gerbe de fleurs devant l'ancien crématorium. "Aux morts !", a lancé l'un des responsables du Comité international de Dachau, qui regroupe des rescapés dont de nombreux français, avant que la foule ne se recueille longuement.

Dans un silence étourdissant uniquement interrompu par les cloches des chapelles du camp, la foule mêlant rescapés, anciens combattants américains et responsables politiques, a effectué à pied et sous la pluie le chemin vers la Place d'appel où les prisonniers soumis au travail forcé étaient comptés chaque jour.

"Nous avons le devoir de ne jamais fermer les yeux ou les oreilles face à ceux qui injurient, menacent ou agressent ceux qui disent qu'ils sont juifs ou défendent Israël", a lancé la dirigeante allemande en promettant de lutter contre toute résurgence de l’antisémitisme en Allemagne.

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Une visite saluée par des rescapés

La participation d'Angela Merkel à cette commémoration a été saluée par des rescapés. "C'est un signe de l'amitié franco-allemande si importante pour la paix en Europe après la Guerre", a déclaré Clément Quentin. La présence de la chancelière et de survivants est "un signe de solidarité", a affirmé Josef Schuster.

Situé à 17 km au nord-ouest de Munich, en Bavière, Dachau a été le premier camp créé par le régime nazi. Ouvert le 22 mars 1933 – soit moins de deux mois après l'arrivée d'Hitler au pouvoir – il fut d'abord installé dans une usine de munitions à l'abandon avant la construction d'un grand complexe de bâtiments à partir de 1937. Il comprenait 34 baraques, dont l'une réservée aux expériences médicales.

Initialement utilisé pour interner les prisonniers politiques, Dachau a en fait servi de modèle d'organisation pour les autres camps de la mort, de Treblinka à Buchenwald. Plus de 206 000 prisonniers venus d'une trentaine de pays y ont été détenus dont l'ancien Premier ministre français, Léon Blum. Plus de 41 000 d'entre eux y furent tués, ou moururent d'épuisement, de faim, de froid ou de maladie.

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Avec AFP

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