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Le vice-président de la Cour constitutionnelle burundaise dénonce des pressions

Des affrontements ont opposés les manifestants à la police dans le quartier de Musaga à Bujumbura.
Des affrontements ont opposés les manifestants à la police dans le quartier de Musaga à Bujumbura. Phil Moore, AFP

Le vice-président de la Cour constitutionnelle du Burundi, appelée à se prononcer sur la légalité d'un nouveau mandat de Pierre Nkurunzia, s'est enfui lundi dénonçant de fortes pressions. En neuf jours de contestations, 13 personnes sont mortes.

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La crise s'aggrave au Burundi. Le vice-président de la Cour constitutionnelle a fui le pays lundi 4 mai, dénonçant "d'énormes pressions et même des menaces de mort" sur les membres de l'institution, appelée à se prononcer sur la légalité d'un nouveau mandat du président Pierre Nkurunziza. Nouveau signe des tensions qui montent dans ce petit pays de l'Afrique des Grands Lacs.

Au neuvième jour de contestation dans le pays, Sylvère Nimpagaritse a assuré, lors d'un entretien réalisé avant qu'il ne quitte le Burundi, que les juges de la Cour s'étaient vu pressés, par de hauts responsables qu'il a refusé de nommer, de signer un arrêt "imposé de l'extérieur", validant la candidature de Pierre Nkurunziza.

"En mon âme et conscience, j'ai décidé de ne pas apposer ma signature sur un arrêt, une décision qui carrément est à côté de la loi et qui a été imposée de l'extérieur, qui n'a rien de juridique", a expliqué à l'AFP Sylvère Nimpagaritse.

Il a également assuré qu'une majorité des sept juges de la Cour estimaient initialement inconstitutionnelle la candidature controversée, mais que ceux-ci avaient subi "d'énormes pressions et même des menaces de mort" pour changer d'avis.

Désaccords sur l'interpétation de la Constitution

La contestation fait rage contre la candidature à la présidentielle du 26 juin du président Nkurunziza, élu en 2005 et réélu en 2010. Les opposants à cette candidature estiment qu'elle est contraire à la Constitution et à l'Accord d'Arusha de 2000, qui a ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile burundaise (1993-2006) et posé les bases des actuelles institutions. La Constitution, comme l'Accord d'Arusha, limitent à deux le nombre de mandats présidentiels.

Mais les partisans du chef de l'Etat estiment que le premier mandat de Pierre Nkurunziza, élu par le Parlement en 2005 comme premier président de l'après-transition, au titre d'un article transitoire de la Constitution, n'entre pas dans le champ de l'article 96 de la Loi fondatementale qui prévoit l'élection au suffrage direct et stipule que le mandat présidentiel n'est renouvelable qu'une fois.

Le CNDD-FDD, parti de Nkurunziza l'a, sans surprise, désigné le samedi 25 avril candidat à la présidentielle. Dès le lendemain, des manifestations, émaillées de heurts avec la police, ont éclaté dans Bujumbura. Les violences ont fait depuis lors 13 morts, dont dix protestataires.

Face à la gravité de la situation, le secrétaire d'État américain John Kerry a jugé que cette candidature allait "à l'encontre de la Constitution" burundaise, et espéré que Pierre Nkurunziza pourrait encore renoncer.

Les divisions sur le troisième mandat se retrouvent jusqu'au sein de l'armée, qui depuis le début des manifestations interdites par le gouvernement a joué la neutralité sur le terrain.

Le Sénat, contrôlé par le CNDD-FDD, a saisi la Cour constitutionnelle de la question de la légalité d'un nouveau mandat du président sortant.

La décision de la Cour est attendue avant le 9 mai, date à laquelle la commission électorale doit publier la liste des candidats admis à se présenter à la présidentielle.
L'histoire récente du pays est marquée par les massacres entre Hutu et Tutsi, et les plaies de la guerre civile sont loin d'être refermées.

Avec AFP

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