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Terrorisme : le Canada adopte une loi qui étend les pouvoirs des services secrets

Capture de vidéo surveillance du 23 octobre 2014, lors de l'attaque terroriste au parlement canadien.
Capture de vidéo surveillance du 23 octobre 2014, lors de l'attaque terroriste au parlement canadien. Peter McCabe, AFP

La Chambre basse du Parlement du Canada a adopté, mercredi 6 mai, une loi antiterroriste qui étend les pouvoirs de ses services de renseignement. Des milliers de Canadiens sont descendus dans la rue pour protester contre ce texte "néfaste".

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Voilà une loi adoptée mercredi 6 mai au Canada qui suscite bien des inquiétudes. Au lendemain de l'adoption par l'Assemblée nationale française d'un projet de loi lui aussi controversé sur le renseignement, la Chambre des communes canadienne s'est prononcée en faveur d'un texte similaire par 183 députés contre 96.

Cette loi antiterroriste étend considérablement les pouvoirs des services canadiens de renseignement, qui pourront désormais exercer un contrôle inédit d'Internet et se livrer pour la première fois à de l'espionnage à l'étranger.

Bloquer le terrorisme

Dans les faits, ce dispositif doit renforcer l'arsenal juridique pour empêcher les départs d'apprentis terroristes vers des zones de combat en bloquant notamment l'achat de billets d'avion sur Internet, et prévenir de prochaines attaques.

Décidé après deux attaques islamistes à l'automne, où deux militaires avaient perdu la vie au Québec et au parlement d'Ottawa, le texte a été adopté en dépit de l'opposition d'une vaste coalition de la société civile, qui craint une surveillance systématique d'Internet.

La loi doit encore être approuvée par le Sénat avant d'entrer en vigueur mais il ne s'agit que d'une formalité, les conservateurs au pouvoir y étant aussi majoritaires.

La loi C-51 "mine la réputation du Canada"

"Des milliers de Canadiens sont descendus dans la rue pour protester contre ce projet de loi qui va éroder nos libertés et nos droits. Ces gens ne voulaient pas que la peur triomphe sur les valeurs mêmes qui guident notre démocratie", a dénoncé le Nouveau parti démocratique (NPD, gauche), première formation de l'opposition, qui qualifie le texte de "néfaste".

Dans une tribune récente dans la presse nationale, une soixantaine de chefs d'entreprises travaillant dans le numérique ont exprimé de leur côté leur crainte que la loi ne "mine la réputation du Canada" et ne nuise à leurs affaires.

200 000 opposants

Redoutant que la surveillance d'Internet au Canada ne s'apparente à celle menée aux États-Unis par l'agence de renseignement NSA, ces entrepreneurs ont appelé à la mise en place d'un organisme indépendant de contrôle garantissant le respect de la vie privée numérique.

Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a défendu mercredi la loi en expliquant qu'elle était nécessaire pour "nous assurer que les terroristes du jihadisme international qui nous menacent ne puissent passer à l'action".

Une pétition demandant le retrait de la loi a été signée par plus de 200 000 Canadiens, pour qui cette réforme va transformer les services du renseignement en "police secrète", violer la Constitution et conduire à une "surveillance de masse".

Avec AFP

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