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En Guadeloupe, François Hollande commémore l'esclavage

François Hollande a prononcé un discours dimanche 10 mai pour inaugurer le plus grand centre au monde d'expression et de mémoire sur la traite et l'esclavage, à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.
François Hollande a prononcé un discours dimanche 10 mai pour inaugurer le plus grand centre au monde d'expression et de mémoire sur la traite et l'esclavage, à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Alain Jocard, AFP

François Hollande a inauguré, dimanche, à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, le plus grand centre au monde d'expressions et de mémoire sur la traite et l'esclavage, le Mémorial ACTe, en présence d'une trentaine de dirigeants africains et caribéens.

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En tournée dans les Caraïbes, François Hollande a fait escale, dimanche 10 mai, en  Guadeloupe, où il a inauguré le plus grand centre au monde d'expressions et de mémoire sur l'esclavage, le Mémorial ACTe, en présence d'une trentaine de dirigeants africains et caribéens. Et ce, à l'occasion de la journée nationale de commémoration de la traite et de l'abolition de l'esclavage, qui revêt cette année un caractère international.

François Hollande a abordé frontalement dans son discours la question de la réparation envers les descendants d'esclaves estimant qu'elle était morale et non financière, dimanche en inaugurant en Guadeloupe le plus grand centre au monde de mémoire sur la traite et l'esclavage.

"La seule dette qui doit être réglée, c'est de faire avancer l'humanité. C'est ce que ce Mémorial (ACTe) nous rappelle", a déclaré le président de la République devant une trentaine de dirigeants africains et caribéens, empruntant à Aimé Césaire la formule sur "la nature irréparable du crime".

S'adressant directement à Michel Martelly, président d'Haïti, ancienne colonie qui a payé son indépendance en espèces sonnantes et trébuchantes jusqu'en 1946, M. Hollande a surpris l'auditoire avec une formule prêtant à confusion: "Quand je viendrai à Haïti, j'acquitterai à mon tour la dette que nous avons".

"Dette morale"

Son entourage a dû préciser à la presse nationale et internationale, venue en grand nombre de la Caraïbe, qu'il s'agissait uniquement d'une "dette morale" et non pas financière comme certains l'avaient compris. Les réseaux sociaux se sont d'ailleurs enflammés sur ce qui aurait été une annonce fracassante.

Situé à Pointe-à-Pitre, ce Mémorial ACTe "permettra à la Guadeloupe et au-delà à la Caraïbe toute entière, [...] de dire au monde que ce combat pour la dignité humaine n'est pas achevé", avait déjà déclaré samedi le président français depuis la Martinique, étape précédente de sa vaste tournée qui le mènera ensuite à Cuba et Haïti. Il a fustigé les "nouveaux négriers" de migrants en Méditerranée tout comme l'exploitation des enfants-soldats, entre autres formes modernes d'esclavage.

Christiane Taubira, qui acccompagne le président dans tout son périple, a elle critiqué la confusion entre "l'esclavage historique" et l'esclavage moderne faisant notamment valoir que le premier était "codifié régulé" alors que le second n'est "pas un système autorisé". Pour la garde des Sceaux, "on doit combattre l'esclavage aujourd'hui mais la confusion est mauvaise conseillère et en plus elle est l'apanage des imbéciles".

Avant l'inauguration, François Hollande avait déjà fait une visite très privée samedi soir en compagnie de Victorin Lurel, porteur du projet et ancien ministre des Outre-mer, de la secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), Michaëlle Jean, et du président haïtien, Macky Sall, admirant ainsi les éclairages nocturnes qui donnent au Mémorial ACTe l'allure d'un phare à l'entrée de la baie de Pointe-à-Pitre.

La cérémonie d'inauguration s'est poursuivie avec des allocutions en présence d'une vingtaine de chefs d'État, dont ceux du Sénégal, du Mali, du Bénin et d'Haïti, ou chefs de gouvernement de tous les États de la Caraïbe.

Angela Davis invitée à Nantes

À Nantes, premier port négrier français, la commémoration sera célébrée en présence d'Angela Davis, figure du mouvement noir américain et de la lutte pour les droits civiques dans les années 1970. La médaille de la ville lui sera remise sur le parvis du Mémorial de l'abolition de l'esclavage, érigé en 2011 sur les bords de la Loire, au coeur de la ville, d'où partaient les expéditions négrières. Après le moment de recueillement sur la passerelle Schoelcher (acteur de l'abolition définitive de l'esclavage en 1848), une exposition photographique sera inaugurée.

À Brest, une sculpture, baptisée "Mémoires", sera inaugurée dimanche. Haute de 10 mètres, installée sur le domaine public, "à la pointe de la France et de l'Europe", "la sculpture représente deux masques, l'un regardant le continent européen, le second les quatre autres continents. Ces deux masques représentent l'universalité des mémoires de l'esclavage", a expliqué auprès de l'AFP l'initiateur de ce monument, Max Relouzat, président de l'association "Mémoire des esclavages", et lui-même petit-fils d'esclave.

Avec AFP

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