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Yémen : la trêve humanitaire est entrée en vigueur

Attaque contre une base des Houthis, à Sanaa, le 12 mai 2015.
Attaque contre une base des Houthis, à Sanaa, le 12 mai 2015. Mohammed Huwais, AFP

Après sept semaines de raids, une trêve humanitaire de cinq jours est entrée en vigueur mardi soir au Yémen. Mais l’Arabie saoudite a annoncé mercredi que ses provinces du sud avaient été la cible de tirs d'obus en provenance du nord du Yémen.

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La coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite, qui bombarde depuis le 26 mars au Yémen les miliciens chiites houthis, a annoncé l'entrée en vigueur, mardi 12 mai à 20 h (GMT), de la trêve annoncée la semaine dernière. Ces cinq jours de cessez-le-feu doivent permettre l'acheminement de vivres et d'aide humanitaire aux populations yéménites durement touchées par les combats.

L’ Arabie saoudite a pourtant signalé, dans la matinée du mercredi 13 mai, que ses provinces du sud avaient été la cible de tirs d'obus depuis le nord du Yémen contrôlé par les rebelles chiites, malgré l'entrée en vigueur de cette trêve.

"Des obus sont tombés à 10 h du matin (7 h GMT), sur les régions de Najrane et Jazane" et il y a eu des "tirs de snipers houthis", a annoncé le porte-parole du ministère de la Défense. Ces obus et ces tirs n'ont pas fait de victime, a-t-il précisé, ajoutant que "les forces armées ont adopté une attitude de retenue par respect à la trêve humanitaire".

Le général saoudien Ahmed Asseri, porte-parole de la coalition, avait déjà indiqué que les rebelles avaient bombardé le secteur frontalier avec l'Arabie saoudite jusque dans les dernières minutes avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. "Cela ne nous donne pas confiance dans le fait que les Houthis tiendront cette trêve", avait-il dit à la chaîne de télévision Al Arabiya.

Moins de deux heures avant l'arrêt prévu des combats, des positions militaires rebelles autour de Sanaa ont été visées par des raids, selon des habitants. Des bombardements "massifs" ont également causé de "sérieux dégâts" dans la vieille ville de la capitale yéménite, classée au patrimoine mondial de l'humanité, dans la nuit de lundi à mardi, a déploré l'Unesco.

Un dépôt d'armes des rebelles situé près de la capitale Sanaa avait déjà été bombardé par la coalition dans la nuit et mardi matin, provoquant une série d'explosions, selon un correspondant de l'AFP. Le ministère de la Santé a fait état de 69 morts, en majorité des civils, et 250 blessés.

Vendredi, pourtant, Riyad a proposé un cessez-le-feu de cinq jours renouvelables, dans le but de faciliter l'acheminement d'aide humanitaire à la population. Les militaires fidèles à l'ancien président Ali Abdallah Saleh, alliés des Houthis, ont été les premiers à l'accueillir favorablement et les rebelles ont laissé entendre du bout des lèvres dimanche qu'ils étaient prêts à le respecter.

Bombardements à Aden

À Aden, grande ville du Sud, la situation n'est guère plus calme. Les combats entre rebelles et partisans du président Hadi n'ont pas cessé. Mardi soir, les rebelles tentaient de progresser dans l'ouest d'Aden, où se trouve une raffinerie de pétrole, et leurs adversaires ont amassé des renforts pour les en empêcher, selon des témoins.

Un responsable de l'administration locale a dit craindre de voir la trêve "ne pas tenir à Aden, au vu de la recrudescence des attaques des Houthis".

Toujours dans le sud du pays, des dizaines de rebelles et de pro-Hadi ont été tués ces dernières 24 heures dans de violents combats dans les provinces de Dhaleh et Chabwa, selon des responsables locaux. Dans le sud-ouest, onze civils, dont trois femmes, ont été tués mardi par des obus à Taëz, selon un nouveau bilan de sources médicale et locale.

De violents affrontements opposaient en milieu de soirée rebelles et pro-Hadi dans la province de Baïda, dans le centre du pays, faisant plusieurs victimes. La coalition a bombardé un site de DCA contrôlé par les Houthis, dans la province de Mareb, à l'est de Sanaa, où de très violents combats se déroulaient encore juste avant la trêve, selon des témoins.

La coalition a également perdu un avion marocain que les rebelles ont dit avoir abattu lundi. Selon le porte-parole de la coalition, le général Ahmed al-Assiri, la chute du F-16 est due à un problème technique ou une erreur humaine. Il a appelé les rebelles à agir de façon "responsable (vis-à-vis du pilote), qu'il soit mort ou vivant".

Au total, 828 civils ont été tués depuis le 26 mars selon l'ONU. Le nouvel émissaire des Nations unies pour le Yémen, le diplomate mauritanien Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, est arrivé à Sanaa mardi pour tenter de relancer des pourparlers politiques entre les différents belligérants.

Avec AFP et Reuters
 

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