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L'EI aux portes de Palmyre, cité syrienne classée au patrimoine mondial de l'Unesco

Le sanctuaire de Baal, dans la cité antique de Palmyre, en Syrie, le 14 mars 2014.
Le sanctuaire de Baal, dans la cité antique de Palmyre, en Syrie, le 14 mars 2014. Joseph Eid, AFP

Les jihadistes de l'organisation de l'État islamique, qui ont déjà détruit des sites archéologiques par le passé, sont aux portes de la cité antique de Palmyre, en Syrie, classée au Patrimoine mondial de l'Unesco.

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Après la destruction des sites archéologiques de Nimroud, Hadra et Mossoul en Irak, le site antique de Palmyre, dans le désert syrien, est menacé par l’organisation de l’État islamique (EI).

Le directeur des Antiquités et des musées syriens (DGAM), Maamoun Abdulkarim, a lancé un cri d’alerte, jeudi 14 mai, pour sauver cette cité classée au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco.

Il en appelle à la communauté internationale : "Il faut qu'elle se mobilise avant et non après les destructions comme ce fut le cas jusqu'à présent. Si l'EI entre à Palmyre, ce sera sa destruction, une catastrophe internationale car vous pouvez cacher des objets mais comment voulez vous protéger l'architecture antique ?" Et d’avertir : "Ce sera la répétition de la barbarie et de la sauvagerie qui s'est produite à Nimroud, Hadra et Mossoul."

Bataille à la lisière de Palmyre

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les jihadistes de l’EI ont exécuté 26 civils, dont 10 par décapitation, "pour collaboration avec le régime" dans des villages où l'armée s'était retirée à la lisière de Palmyre,

"Palmyre est menacé, a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le directeur de cette ONG. La bataille se déroule à 2 km à l'est de la ville, après que l'EI s’est emparé de tous les postes de l'armée entre al-Soukhna et Palmyre."

>> À lire sur France 24 : "En images : une partie du patrimoine de l'Humanité disparaît en Syrie"

La valeur historique de cette oasis située à environ 240 km au nord-est de Damas est inestimable car elle abrite les ruines monumentales d'une grande cité qui fut l'un des plus importants foyers culturels du monde antique. Son architecture unit les techniques gréco-romaines aux traditions locales et aux influences de la Perse, selon l'Unesco.

Les familles ont fui

Talal Barazi, le gouverneur de la province de Homs, dont fait partie Palmyre, a indiqué qu'après la chute mercredi d'Al-Soukhna, 1 800 familles avaient fui vers Palmyre où trois centres d'accueil ont ouvert.

Depuis mardi, les combats dans cette zone ont fait 110 tués, dont 70 membres des forces du régime, parmi lesquels six officiers, et 55 jihadistes, dont deux chefs. Parmi ces derniers figure Abou Malek Anas al-Nachwan, qui était apparu sur une vidéo de l'EI montrant la décapitation en avril de 28 Éthiopiens en Libye, selon des sites jihadistes.

Les rebelles ont contrôlé la ville de février à septembre 2013 avant que Palmyre ne soit reprise par l'armée. Durant les combats, le temple de Baal avait subi quelques flétrissures en raison des échanges d'artillerie.

Conférence au Caire

En Syrie, les jihadistes ont déjà détruit deux magnifiques lions assyriens à Raqa, ville dont l'EI a fait sa capitale, et permis des fouilles clandestines, parfois au bulldozer, sur les sites de Mari, Doura Europos, Apamée, Ajaja (nord-est), et Hamam Turkoman près de Raqa (nord).

>> À lire sur France 24 : "Mossoul : l’EI démolit des statues vieilles de plus de 2 000 ans"

"Les pillages et destructions de sites archéologiques ont atteint une échelle sans précédent" cette année, s'est alarmée mercredi la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova au cours d'une conférence au Caire. L'EI "y a recours comme tactique de guerre pour terroriser les populations", a-t-elle estimé.

Maamoun Abdulkarim assure n'avoir reçu aucun appel de la conférence, ni même avoir été invité, car la Syrie est boycottée par une grande partie des pays arabes.

Dix pays arabes représentés à cette réunion, dont l'Égypte, l'Irak et l'Arabie saoudite, se sont entendus jeudi pour coordonner leur lutte contre le trafic d'antiquités et protéger leur patrimoine archéologique, les sites antiques du Moyen-Orient étant menacés par "les réseaux de crime organisé et les groupes terroristes."

Avec AFP

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