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L'EI est entré dans Palmyre et menace le patrimoine de la cité antique

Dans la cité antique de Palmyre, en Syrie, le 14 mars 2014.
Dans la cité antique de Palmyre, en Syrie, le 14 mars 2014. Joseph Eid, AFP

Les combattants de l'EI sont entrés samedi dans la cité antique de Palmyre, malgré les bombardements de l'armée syrienne. L'Unesco craint que les jihadistes ne détruisent ce site classé, alors que 300 personnes sont mortes en 4 jours.

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Les jihadistes de l'organisation de l'État islamique (EI) sont entrés samedi 16 mai dans la cité antique de Palmyre. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ils ont "pris le contrôle de la majeure partie du nord de Palmyre", classée au Patrimoine mondial de l'Humanité, après d'intenses combats contre l'armée syrienne.

L'OSDH avait annoncé la veille que le groupe jihadiste avait exécuté 23 civils, dont neuf enfants, dans un village au nord de la ville. Ces nouvelles exécutions avaient eu lieu après celles, jeudi, de 26 civils accusés par l'EI de "collaboration avec le régime".

En réponse, l'armée syrienne avait dépêché vendredi des renforts vers Palmyre pour tenter de repousser les jihadistes, a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH. "L'armée de l'air bombarde également les environs de Tadmor (nom de la cité en arabe)", avait-il précisé. L'EI a pris ces derniers jours tous les postes de l'armée situés sur la route entre Palmyre et Al-Soukhna, longue de quelque 80 km.

Selon l’OSDH, près de 300 personnes seraient mortes en quatre jours dans ces combats : 123 soldats et miliciens loyalistes, 115 combattants de l'EI et 57 civils, dont des dizaines ont été exécutés par le groupe extrémiste. D'après le gouverneur de la province de Homs (centre), dont fait partie cette oasis en plein désert, la ville intra-muros compte près de 35 000 habitants et déplacés qui s'y sont installés depuis le début du conflit il y a quatre ans, et le double avec sa banlieue.
 

>> À lire sur France 24 : "Les combattants de l'EI menacent les trésors de Palmyre"

D'après le gouverneur de la province de Homs (centre), dont fait partie cette oasis en plein désert, la ville intra-muros compte près de 35 000 habitants et déplacés qui s'y sont installés depuis le début du conflit il y a quatre ans, et le double avec sa banlieue. Au total, plus de 100 000 habitants et déplacés peuplent la région de Palmyre, selon l'OSDH.

L'EI a pris ces derniers jours tous les postes de l'armée situés sur la route entre Palmyre et Al-Soukhna, longue de quelque 80 km.

L'Unesco "très inquiet"

La plupart des ruines monumentales de Palmyre, comportant notamment des colonnades torsadées romaines, des temples et des tours funéraires, se trouvent au sud-ouest de la ville, pour l'instant épargné par les combats. Le site, qui fut l'un des plus importants foyers culturels du monde antique, est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.

"Nous sommes très inquiets", a affirmé vendredi de Beyrouth Irina Bokova, la directrice générale de l'Unesco, qui a inscrit en 1980 le site sur la liste du patrimoine de l'Humanité.

"Nous suivons la situation, parce que c'est un site ancien romain [ayant] beaucoup de valeur", a-t-elle ajouté, en renouvelant son appel à "toutes les parties prenantes à protéger" cette oasis.

Irina Bokova a souligné l'importance de lutter "contre l'extrémisme, contre cette stratégie de supprimer [...] notre mémoire commune" menée par le groupe extrémiste qui a déjà détruit des trésors archéologiques en Syrie mais aussi dans l'Irak voisin.

Le directeur des Antiquités et des musées syriens, Maamoun Abdelkarim, avait appelé jeudi la communauté internationale à se mobiliser pour empêcher une éventuelle destruction de Palmyre, ce qui serait "une catastrophe internationale" selon lui.

Il y a un mois, une vidéo avait montré des combattants de l'EI détruisant le site archéologique irakien de Nimroud.

Palmyre a été une ville caravanière et l'un des plus importants foyers culturels du monde antique, mais elle s'est réellement développée après la conquête romaine au Ier siècle avant notre ère. Au IIIe siècle, profitant des difficultés de l'empire romain, la ville s'érige en royaume qui défit les Perses et la belle Zenobie devint reine. La cité connut le déclin après son règne.

Avec AFP

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