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Palmyre, une prise stratégique pour les jihadistes de l'EI

Une vue de la ville de Palmyre, le 18 mai 2015.
Une vue de la ville de Palmyre, le 18 mai 2015. AFP

En s’emparant de la cité antique de Palmyre, en Syrie, l’EI peut désormais mettre la main sur un stock important d’armes et contrôler la prison de la ville, réputée comme étant l’une des plus dures au monde.

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La prise, jeudi 21 mai, de la ville de Palmyre en Syrie par l'organisation de l’État islamique (EI) affole, à juste titre, les défenseurs du patrimoine mondial. Dans une vidéo, la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, a aussitôt affirmé que "toute destruction à Palmyre serait non seulement un crime de guerre, mais aussi une énorme perte pour l'humanité".

Il faut dire que les islamistes de l’EI, qui ont à plusieurs reprises saccagé les trésors des villes sous leur contrôle – notamment Mossoul, en Irak – ont là accès à d’importantes richesses archéologiques. Dans cette cité vieille de plus de 2 000 ans, baptisée "la perle du désert syrien", reposent en effet de célèbres ruines connues pour leurs colonnes romaines torsadées et leurs tours funéraires.

>> À lire sur France 24 : L’EI s'empare de la ville de Palmyre, les trésors antiques menacés

Toutefois, ses trésors ne représentent a priori pas le principal atout de Palmyre (Tadmor, en arabe). "En attaquant Palmyre, l’EI vise avant tout sa position stratégique, les quantités d’armes qui s’y trouvent et sa prison. Pas le site archéologique", indique Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste des mouvements jihadistes.

Des armes en "quantités phénoménales"

Cette cité antique du centre de la Syrie possède une situation géographique avantageuse. Située sur la route de Homs, elle se trouve par ailleurs dans une région limitrophe de la province irakienne d'Al-Anbar, que l'EI contrôle déjà à près de 80 %, ce qui permet d'élargir le territoire tenu par l'organisation.

De plus, Palmyre dispose d’un aéroport militaire dans lequel se trouve "une quantité phénoménale de munitions et d’armes". "Ces armes ne sont certes pas dernier cri, mais elles seront très utiles dans le cadre de la guerre en cours aujourd’hui en Syrie", précise Wassim Nasr.

De quoi grossir le stock du groupe : "Entre ce qu’ils ont pris à Ramadi, à Mossoul, à Raqqa, à Tabqa et aujourd’hui à Palmyre, les jihadistes ont de quoi tenir pendant des années", prédit le spécialiste.

L’une des plus dures prisons au monde

Par ailleurs, la ville est tristement célèbre pour la prison qu’elle abrite. "Il s’agit d’une des prisons les plus dures au monde, où l’on pratique la torture et les exécutions. Des hommes de toutes nationalités confondues (libanais, palestinien, syrien, irakien) et de différentes religions et tendances politiques sont oubliés là-bas", relève Wassim Nasr.

Or l’un des objectifs affichés par l’organisation islamiste, rappelle-t-il, a toujours été l’ouverture des prisons : "Si les jihadistes libèrent les prisonniers, cela va augmenter leur aura et certains vont rejoindre leurs rangs."

En 1980, l’établissement pénitentiaire, qui est dans le viseur des organisations humanitaires, a été le théâtre d’un massacre de plusieurs centaines de détenus islamistes perpétré par Rifaat, le frère de Hafez al-Assad, lui-même père de Bachar al-Assad.

Symbole de la terreur du régime, la prison a été fermée en 2001 à l'initiative de Bachar al-Assad. Ce dernier l'a néanmoins rouverte en juin 2011, trois mois après le début du soulèvement de la population contre lui.

Maamoun Abdelkarim, directeur des Antiquités syriennes
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