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Des milliers de Burundais aux funérailles de l’opposant assassiné

Un cortège de burundais porte le cercueil de Zedi Feruzi, opposant assassiné samedi 23 mai.
Un cortège de burundais porte le cercueil de Zedi Feruzi, opposant assassiné samedi 23 mai. David Thomson, Twitter

Entre deux et trois mille personnes ont assisté, dimanche, à Bujumbura, aux funérailles de l'opposant Zedi Feruzi, au lendemain de son assassinat commis par des inconnus devant son domicile d'un quartier contestataire de la capitale.

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"Nous marchons dans le silence car nous sommes dans un état de recueillement et de désolation totale" explique un habitant de Bujumbura à David Thomson, envoyé spécial de RFI au Burundi. Comme des milliers de Burundais, il est venu assister, dimanche 24 mai, aux funérailles de Zedi Feruzi, leader du parti d’opposition Union pour la Paix et la Démocratie (UDP), assassiné la veille avec son garde du corps par des inconnus devant son domicile.

En tête des marcheurs, quelques personnes tenaient justement des pancartes: "On est fatigué", "Non au troisième mandat de Nkurunziza", "Ceux qui ont tué Zedi Feruzi le paieront tôt ou tard". L'opposant était un des leaders des manifestations contre la candidature du président Pierre Nkurunziza.

Le cortège a marché pendant près d'une heure dans le calme. Quelques esprits se sont échauffés en passant devant une permanence du parti présidentiel, le CNDD-FDD. Des policiers positionnés à proximité se sont reculés pour éviter tout incident.

Les funérailles se sont déroulées dans une mosquée du quartier industriel. À l'issue de la cérémonie, l'imam a demandé "à tous de la discipline". "Nous allons retourner à Ngagara en silence. Que personne ne dérape. Celui qui créera un incident ne sera pas avec nous", a-t-il mis en garde.

Analyse de Nestor Bidadanure, journaliste burundais indépendant

"L’assissinat de Feruzi marque une nouvelle étape dans la politique de terreur vis-à-vis des manifestants" explique, sur France 24, Nestor Bidadanure, journaliste burundais indépendant à Paris. La police n’hésite pas à tirer à balle réelle sur des manifestants […] et on en est arrivé à l’assassinat ciblé de membres de l’opposition non armés. C’est très dangereux pour le processus de paix au Burundi".

"Le plus beau cadeau que le président peut faire, c’est de renoncer à un troisième mandat"

Présent aux funérailles, le vice-président du Frodebu, l'un des principaux partis d'opposition, Frédéric Bamvuginyumvira a "invité les Burundais à se lever comme un seul homme pour lutter contre ces pratiques qui nous ramènent à ce qui se passait il y a vingt ans" pendant la guerre civile (1993-2006).

"Le plus beau cadeau que le président Nkurunziza puisse faire au Burundi, c'est de renoncer à un troisième mandat", a-t-il souligné.

>> À lire sur France 24 : "Rupture du dialogue après l'assassinat d'un membre de l'opposition au Burundi"

"Avec la situation actuelle, il est tout à fait impossible que les élections se tiennent, il faudrait au minimum les décaler d’une dizaine de jours supplémentaires, et encore" ajoute Nestor Bidadanure, alors que les élections législatives et communales doivent se dérouler le 5 juin prochain

Après une trêve ce week-end, les leaders du mouvement ont appelé les manifestants à se mobiliser de nouveau lundi avec encore "plus de vigueur". Cela fera 28 jours que les Burundais sont dans la rue.

Avec AFP

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