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Le procès pour espionnage du correspondant du "Washington Post" s'ouvre à Téhéran

Le journaliste irano-américain Jason Rezaian, en septembre 2013 (archives).
Le journaliste irano-américain Jason Rezaian, en septembre 2013 (archives). AFP

Le procès pour "espionnage" du journaliste irano-américain du "Washington Post", Jason Rezaian, s'est ouvert mardi à huis clos devant un tribunal révolutionnaire iranien. Seule son avocate peut assister au procès.

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Le procès pour espionnage du correspondant irano-américain du "Washington Post" à Téhéran Jason Rezaian, détenu depuis juillet 2014 en Iran, s'est ouvert mardi 26 mai à huis clos devant un tribunal révolutionnaire de la capitale. Aucune indication n'a été donnée sur la durée de ce procès.

Âgé de 39 ans, il est accusé "d'espionnage", de "collaboration avec des gouvernements hostiles", de "collecte d'informations confidentielles et propagande contre la République islamique", selon son avocate, Me Leïla Ahsan. L'épouse de Jason Rezaian, Yeganeh Salehi, également journaliste, et une autre accusée, toutes deux libérées sous caution, ont été convoquées à comparaître le même jour.

Signe de l’importance de cette affaire aux yeux du régime iranien, le procès se tient devant la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, une cour spéciale qui juge habituellement les affaires politiques ou touchant à la sécurité nationale. La première audience à huis clos s'est achevée à 13 h 30 locales (10 h GMT).

Jason Rezaian, qui a la double nationalité irano-américaine, travaillait pour le quotidien américain depuis 2012. Il a été arrêté avec son épouse à leur domicile au soir du 22 juillet 2014. La troisième accusée, dont le nom n'a pas été divulgué, avait aussi été arrêtée ce soir-là. Le journaliste du "Post", qui a souffert d'ennuis de santé depuis son arrestation, est toujours détenu à la prison d'Evine, dans le nord de la capitale. En décembre, l’antenne anglophone de France 24 avait reçu Mary et Ali Rezaian, la mère et le frère du journaliste.

"Au bout de tout ce temps de détention, sa santé se détériore. La prison où il est détenu est un endroit froid, et je veux lui apporter des vêtements chauds", avait raconté sa mère. La famille de Jason Rezaian a lancé une pétition pour réclamer sa libération.

Son incarcération avait provoqué de nouvelles tensions entre l'Iran et les États-Unis, qui ont rompu leurs relations diplomatiques après la Révolution islamique de 1979. Le président américain Barack Obama, ainsi que le Sénat, ont appelé à sa libération.

Mais les autorités iraniennes, qui ne reconnaissent pas la double nationalité, affirment que le dossier est purement iranien.

Un "pion dans les luttes internes"

Le "Washington Post" a dénoncé lundi le fait que l'audience serait "fermée au public", ce qui privera le procès de "l'attention qu'il mérite".

"Ce qui est absolument clair est que M. Rezaian est totalement innocent des accusations, y compris d'espionnage, portées à son encontre", écrivait le quotidien, en estimant que le journaliste semble être un "pion dans les luttes internes" à Téhéran alors que l'Iran et les grandes puissances se sont donné jusqu'au 30 juin pour conclure un accord historique sur le programme nucléaire controversé iranien.

Un député ultraconservateur iranien avait dénoncé en février "certains au sein de la présidence" iranienne qui auraient facilité l'accès de Jason Rezaian et de son épouse "aux endroits les plus sensibles de la présidence".

L'avocate du journaliste a réfuté les charges pesant sur son client, estimant que la nature du métier de journaliste est "d'avoir accès aux informations et de les publier". De plus, il n'a "pas eu accès à des informations confidentielles de façon directe ou indirecte". Les activités de la presse étrangère, notamment occidentale, sont étroitement surveillées et soumises à de multiples autorisations.

Les experts de l'ONU sur la situation des droits de l'Homme en Iran dénoncent régulièrement la censure contre la presse iranienne et les arrestations de journalistes pour collaboration avec des médias basés à l'étranger, accusés par Téhéran de participer à un "complot" occidental pour déstabiliser le régime iranien.

Avec AFP

 

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