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Le monde du cinéma s’insurge de l’interdiction de "Much Loved" au Maroc

Photo extraite du film "Much Loved" de Nabil Ayouch.
Photo extraite du film "Much Loved" de Nabil Ayouch. Virginie Surd

Des dizaines de réalisateurs et producteurs de cinéma ont lancé une pétition de soutien au Franco-Marocain Nabil Ayouch, dont le film traitant de la prostitution au Maroc a été interdit de diffusion dans le royaume chérifien.

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Près de 80 cinéastes, producteurs français et européens ont dénoncé, vendredi 29 mai, la "censure" visant "Much Loved", le dernier film du réalisateur franco-marocain Nabil Ayouch, traitant de la prostitution, qui a été interdit de projection au Maroc.

Stéphane Brizé, Jean-Pierre et Luc Dardenne, Arnaud Desplechin, Agnès Jaoui, Laurent Cantet, Pascale Ferran, Costa-Gavras, Michel Hazanavicius, Riad Sattouf ou encore Bertrand Tavernier figurent parmi les "premiers signataires" d'une pétition de "soutien" au réalisateur et à son actrice principale, Loubna Abidar.

Le gouvernement marocain a annoncé lundi que le film "Much Loved", présenté lors du dernier Festival de Cannes, serait interdit de projection au Maroc car il comporte un "outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine". Ce film, qui n'est pas encore sorti en salles, traite du problème de la prostitution au Maroc à travers le portrait de plusieurs femmes.

"Obscurantisme"

"Cette interdiction encourage les pires attaques des courants conservateurs marocains envers le film, Nabil Ayouch et Loubna Abidar faisant l'objet de menaces de mort sur les réseaux sociaux", souligne la pétition signée par les cinéastes et les producteurs.

"De toute évidence, ce film sur le milieu de la prostitution à Marrakech montre une réalité que les autorités marocaines refusent de regarder en face. Pourtant, cette réalité niée ne sera modifiée en rien par cet acte de censure délibérée", ajoutent les signataires qui "condamnent cette interdiction avec la plus grande fermeté".

Les cinéastes et producteurs dénoncent "l'obscurantisme et les violentes atteintes à la liberté que cette interdiction constitue : atteinte à la liberté d'expression, atteinte à la liberté du metteur en scène d'exposer son travail, atteinte à la liberté des spectateurs qui ne peuvent avoir accès au film dans les salles de cinéma marocaines".

Edouard Waintrop, le délégué général de la "Quinzaine des réalisateurs", section parallèle dans laquelle "Much Loved" était présentée à Cannes, a quant à lui jugé que : "venant d'un pays qui accueille des tournages du monde entier, et qui organise, justement à Marrakech, l'un des plus grands festivals de cinéma, cette censure, cette atteinte à la liberté d'expression est inacceptable."

Le réalisateur franco-marocain s'était dit, mardi, "choqué" et "surpris" par cette interdiction, évoquant une "mise en danger de la liberté d'expression".

Le président François Hollande doit recevoir ce vendredi le Premier ministre du Maroc, Abdelilah Benkirane, en visite depuis jeudi matin à Paris dans le cadre d'une rencontre bilatérale entre les deux gouvernements marocain et français.

Avec AFP

 

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