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Report des élections au Burundi : déçue, l'opposition appelle à manifester de plus belle

Les dirigeants de l'Afrique de l'Est réunis lors du sommet de Dar es Salaam en Tanzanie, le 31 mai 2015.
Les dirigeants de l'Afrique de l'Est réunis lors du sommet de Dar es Salaam en Tanzanie, le 31 mai 2015. AFP

Les pays d'Afrique de l'Est réunis à Dar es Salam, en Tanzanie, ont demandé un report des élections au Burundi d'un mois et demi. Une proposition jugée insuffisante par l'opposition, qui refuse un troisième mandat du président sortant.

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À l’issue du sommet consacré à la crise au Burundi, les pays d’Afrique de l’Est, réunis à Dar es Salaam en Tanzanie, ont demandé dimanche 31 mai un report des élections d'au moins un mois et demi, tout en s'abstenant de se prononcer sur la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

Quelques heures après cette déclaration finale, les opposants au chef de l'État burundais se sont dit "déçus" par cette proposition, appelant à manifester de plus belle pour faire renoncer Pierre Nkurunziza à sa candidature à la présidentielle. "Nous ne sommes pas descendus dans la rue pour obtenir le report d'un mois et demi des élections", a ainsi déclaré à l'AFP l'un des leaders de la contestation, Pacifique Nininahazwe, promettant qu'ils allaient "encore manifester plus fort pour que Nkurunziza parte".

Un peu plus tôt, le gouvernement burundais avait "accueilli positivement la déclaration finale des chefs d'État" sur le report du vote. "Cette période va nous permettre de nous asseoir ensemble et de discuter de la participation de tous", a expliqué le porte-parole du gouvernement burundais, Philippe Nzobonariba, précisant toutefois qu'il revenait à la Commission électorale de "s'occuper du calendrier électoral". Estimant que les chefs d'État africains n'avaient "pas discuté" de la question du troisième mandat "car elle relève de la souveraineté de chaque État", il a par ailleurs jugé "cette question vidée".

Aucune réponse sur le désarmement des milices

À Dar es Salaam, les chefs d'État africains ont également exigé de "toutes les parties burundaises qu'elles mettent fin aux violences". Ils ont appelé "au désarmement urgent de tous les mouvements de jeunesse armés" et "encouragé le gouvernement à créer toutes les conditions nécessaires pour le retour des réfugiés [burundais] dans leur pays".

Le Burundi n'a pas répondu à la demande de désarmement des mouvements armés.
Le sommet s'était déroulé en l'absence du principal intéressé, le président Pierre Nkurunziza, officiellement resté au Burundi pour y "faire campagne", et surtout victime d'un coup d'État avorté le 13 mai dernier alors qu'il participait, déjà à Dar es Salam, à un premier sommet sur la crise burundaise.

Autre grand absent, le président rwandais Paul Kagame, pourtant incontournable dans la région, et qui ne cache plus désormais son mécontentement croissant envers son ancien allié Nkurunziza. Les présidents tanzanien, ougandais et kényan, ainsi que leur homologue sud-africain Jacob Zuma, étaient en revanche présents dimanche dans la capitale tanzanienne.

>> À lire sur France 24 : "Burundi : la vice-présidente de la commission électorale a pris la fuite"

Obtenir des garanties pour la préparation des élections

Les chefs d'État d'Afrique de l'Est, qui se sont contentés de demander un report, au plus tôt à la mi-juillet, des élections générales ont donc vu leur demande satisfaite. Selon le calendrier officiel, des législatives et des communales étaient prévues le 5 juin, suivies de la présidentielle le 26 juin, et de sénatoriales le 17 juillet.

Ce calendrier électoral semblait difficilement tenable. Car en plus de la crise politique, la commission électorale n'est plus en mesure de siéger. Sa vice-présidente a en effet fui le pays ces derniers jours. La très puissante église catholique ainsi que l'Union européenne se sont également retirés du processus électoral.

Avec AFP

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