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Timea Bacsinszky, de l'enfance en enfer aux demi-finales de Roland-Garros

Timea Bacsinszky, qualifiée pour les demi-finales de Roland-Garros.
Timea Bacsinszky, qualifiée pour les demi-finales de Roland-Garros. Pierre René-Worms

Timea Bacsinszky affronte jeudi Serena Williams en demi-finale de Roland-Garros. La Suissesse revient de loin : pour retrouver son meilleur niveau, elle a dû tourner le dos à un père autoritaire qui la traumatisait sur le court. Portrait.

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envoyé spécial de France 24 à Roland-Garros

Elles s'appellent Jelena Dokic, Mary Pierce ou Jennifer Capriati. Outre quelques belles performances tennistiques au cours des deux dernières décennies, ces joueuses ont un autre point commun, beaucoup plus sordide : celui de faire partie de la longue liste des victimes des "pères fouettards" du tennis.

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Le phénomène est intimement lié à l'existence même du circuit féminin. Dans le box des entraîneurs, les pères constituent bien souvent une figure d'autorité dont les comportements sont à la limite de l'acceptable. Certains, à l'image de Richard Williams - le père de Venus et Serena - flirtent déjà avec les limites. Ses deux filles ont connu deux des plus belles carrières de l'histoire de la WTA, malgré un désamour assumé pour le sport.

Richard Williams ne s'en est jamais caché : il a fait de ses filles l'instrument d'une ascension sociale familiale, programmant les deux sœurs pour qu'elle rencontrent le succès. Un schéma tristement commun qui vire parfois au cauchemar pour de nombreuses joueuses.

"Le tennis a volé une grande partie de mon enfance"

La dernière en date à avoir confié son désarroi affronte justement Serena Williams en demi-finale de Roland-Garros, jeudi 4 juin. Timea Bacsinszky, 25 ans, a connu une carrière en deux temps. Tout d'abord, une ascension paradoxalement cauchemardesque. 

"C'est [mon père] qui a décidé que je jouerai au tennis et qui a tout imposé dans ma vie. […] Le tennis m'a volé une grande partie de mon enfance et a rendu ma vie infernale pendant des années" confiait la Suissesse au journal "L'Illustré", en février dernier.

En junior, sous la pression paternelle, elle remporte à deux reprises le convoité tournoi des Petits As et s'invite régulièrement dans le dernier carré des compétitions jeunes des Grands Chelems. Et plus elle gravit les échelons du tennis mondial, plus elle se trouve exposée à la dérive autoritaire de son père, Igor : "J'ai reçu des baffes, il m'a tiré les cheveux... Mais c'était surtout psychologique", confiait-elle en mars dernier dans un entretien avec le quotidien français "L'Equipe".

Timea Bacsinszky semble aujourd'hui apaisée

Revenue à son meilleur niveau alors qu'elle avait quitté le circuit deux ans plus tôt pour se lancer dans une formation en hôtellerie, Timea Bacsinszky semble aujourd'hui apaisée. Celui qu'elle définit comme son "géniteur", Igor, n'est plus impliqué dans sa carrière. Il a été remplacé par un petit groupe composé de Dimitri Zavialoff, le tout premier entraîneur de son compatriote Stan Wawrinka, d'Andreas, son compagnon à la ville, et de sa mère, Suzanne.

"Sans ma mère, je ne serais pas là", reconnaît d'ailleurs celle qui atteindra lundi le top 20 du classement mondial de la WTA pour la toute première fois. Mercredi 3 juin, Timea Bacsinszky a rejoint les demi-finales de Roland-Garros. Elle assure qu'elle "ne [jouera] pas sa vie contre Serena" dans la demi-finale de jeudi. Cette vie, la Vaudoise l'a déjà reprise en mains.

 

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