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La Gay pride de Kiev prise pour cible par les militants d'extrême droite

Des policiers interpellent un militant d'extrême-droite lors de la Gay pride, samedi 6 juin, à Kiev.
Des policiers interpellent un militant d'extrême-droite lors de la Gay pride, samedi 6 juin, à Kiev. Genya Savilov, AFP

La marche des fiertés LGBT, organisée samedi dans la capitale ukrainienne, a été prise pour cible par des militants ultranationalistes. Plusieurs personnes, dont des policiers, ont été blessées et plus d'une vingtaine interpellées.

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Au moins une dizaine de blessés et 25 interpellations. C'est le bilan des heurts, impliquant des militants d'extrême droite, qui ont émaillé la "marche de l'égalité", organisée samedi 6 juin à Kiev par les militants des droits des homosexuels. C'était la deuxième fois qu'une telle manifestation était organisée en Ukraine, un pays où l'homophobie reste répandue.

La marche a débuté sous haute protection policière vers 10 h 40 (7 h 40 GMT) sur les rives du Dniepr, bien loin du centre de Kiev. Elle a duré quelques dizaines de minutes, réunissant plus d'une centaine de personnes, de tous âges, brandissant des drapeaux arc-en-ciel et des pancartes.

"Cette marche prouve que nous existons. [...] J'ai très peur mais je suis aussi très fière de moi, d'être venue", a déclaré à l'AFP Vira, une militante LGBT de 31 ans, qui a refusé de donner son nom par crainte de représailles. Elle a fait la route depuis Kharkiv, grande ville industrielle proche de la zone du conflit dans l'Est séparatiste prorusse.

Le président ukrainien Petro Porochenko a témoigné son soutien à la marche, tout en ajoutant ne pas souhaiter y participer. Le maire de la capitale, Vitali Klitschko, avait de son côté préconisé l'annulation de la manifestation, après des menaces émanant de groupes ultranationalistes.

Contre-manifestants cagoulés

Pour des raisons de sécurité, les organisateurs n'avaient communiqué le lieu du défilé aux participants et aux journalistes que samedi matin. Mais avant même le début de la manifestation, une vingtaine de militants ultranationalistes, la plupart cagoulés, étaient déjà réunis non loin du lieu afin de perturber la marche.

Un minibus noir et rouge, portant l'emblème du mouvement nationaliste Pravy Sektor, qui participe actuellement aux combats contre la rébellion séparatiste dans l'est du pays, était garé dans la zone, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Des affrontements ont rapidement éclaté avec les forces de l'ordre. Les militants ont jeté des pierres, mais aussi des bennes à ordures sur les forces de l'ordre.

Neuf policiers ont été blessés, a indiqué le ministère de l'Intérieur, précisant que l'un d'eux se trouvait dans un état grave. Un journaliste de l'AFP a également vu un militant ultranationaliste blessé. Selon la police, 25 personnes ont été interpellées.

Amnesty international a de son côté affirmé dans un communiqué qu'"environ 10  manifestants avaient été blessés après avoir été attaqués par des protestataires homophobes". L’ONG est critique envers la police, qui s’est organisée à la dernière minute, selon elle. "Davantage de mesures auraient dû être prises à l'avance pour tenter d'empêcher cela", a réagi Amnesty.

L'homosexualité, qui était punie par la loi en URSS, reste très stigmatisée en Ukraine, ex-république soviétique où l'Église orthodoxe a une forte influence. La première Gay pride dans l'histoire de l'Ukraine indépendante avait eu lieu en 2013, réunissant près de cent personnes à Kiev. En 2014, la "marche de l'égalité" avait été annulée, la police ayant refusé d'en assurer la sécurité, selon les organisateurs.

Avec AFP et Reuters

 

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