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Turquie : l'hyperprésidence d'Erdogan à l'épreuve des urnes

Des partisans du président turc Erdogan lors d'un rassemblement politique le 30 mai 2015.
Des partisans du président turc Erdogan lors d'un rassemblement politique le 30 mai 2015. Yasin Akgul, AFP

Les électeurs turcs sont appelés aux urnes pour élire leurs députés. Le président Erdogan espère que l'AKP, son parti au pouvoir, obtiendra la majorité des deux tiers nécessaire à l'adoption de pouvoirs élargis pour le chef de l'État.

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Les bureaux de vote ont ouvert en Turquie dimanche 7 juin pour un scrutin déterminant pour l'avenir du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier espère une très large victoire de son parti, l’AKP (Parti de la justice et du développement), au pouvoir depuis treize ans, pour renforcer son emprise de plus en plus contestée sur le pays.

>> À lire sur France 24 : Erdogan restera-t-il le seul maître de la Turquie ?

Au terme d’une campagne électorale sous tension et après un attentat à la bombe qui a fait deux morts vendredi, près de 54 millions d'électeurs doivent élire leurs députés. Les résultats seront connus en soirée et s’annoncent comme étant les plus serrés depius plus de dix ans. Le ralentissement de la croissance, la hausse du chômage et la progression de l'endettement des particuliers pourraient ainsi voir l'AKP perdre sa majorité absolue au Parlement pour la première fois depuis 2002. Les derniers sondages créditent le parti au pouvoir de 40 à 42 % des voix, en net repli par rapport aux 49,9 % récoltés il y a quatre ans.

Erdogan va-t-il être stoppé ?

Si ce scénario se réalise, il mettra un frein à la volonté de Recep Tayyip Erdogan de concentrer encore plus de pouvoir entre ses mains. Il espère en effet obtenir la majorité des deux tiers (au moins 367 des 550 élus du Parlement) pour faire voter seul la réforme constitutionnelle qui renforce ses prérogatives. S'il n'en obtient que 330, il pourra la soumettre à référendum. Sinon, son ambition s'écroulera.

"L'issue de ce vote va probablement fixer les règles de la vie politique turque pour les années à venir", a ainsi commenté auprès de l’AFP le politologue Sinan Ulgen, du Centre d'études des affaires économiques et diplomatiques (Edam) d'Istanbul.

Le principal parti kurde, le Parti démocratique du peuple (HDP), constitue le principal obstacle sur la route de M. Erdogan. S'il franchit la barre des 10 % des voix, requise pour entrer au parlement, le HDP devrait obtenir une cinquantaine de sièges de députés et ainsi priver l'AKP de la majorité qualifiée qu'il convoite.

Les deux autres grands partis d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) et le Parti de l'action nationaliste (MHP, droite) ont également dénoncé pendant toute la campagne la volonté de M. Erdogan d'instituer une "dictature constitutionnelle" et espèrent aussi priver l'AKP de sa majorité absolue.

Avec AFP et Reuters

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