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Le Nigeria et ses voisins créent une force régionale pour lutter contre Boko Haram

Des soldats nigérians patrouillent dans l'État de Borno, au Nigeria, le 5 juin 2013.
Des soldats nigérians patrouillent dans l'État de Borno, au Nigeria, le 5 juin 2013. Quentin Leboucher, AFP

Une Force d'intervention conjointe multinationale (MNJTF) pour lutter contre la secte islamiste Boko Haram a été créée, jeudi, à l'initiative du Nigeria, du Tchad, du Bénin, du Niger et du Cameroun. Elle sera constituée de 8 700 hommes.

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Le Nigeria et ses voisins ont décidé jeudi 11 juin de créer une force militaire conjointe pour lutter contre les jihadistes de Boko Haram. Baptisée Force d'intervention conjointe multinationale (MNJTF), elle doit être dotée de 8 700 militaires, policiers et civils. Son quartier général sera installé à N'Djamena, la capitale tchadienne.

La MNJTF devrait être opérationnelle d’ici le 30 juillet, précise un communiqué publié à l’issue de la réunion qui s’est tenue à l’aéroport d’Abuja, la capitale nigériane, entre les représentants du Nigeria, du Tchad, du Niger et du Cameron. L'ONU a salué cette création.

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Cette force d’intervention était attendue avec impatience par les acteurs régionaux inquiets de la force de frappe de Boko Haram. Sa création avait été décidée en mai 2014, après le rapt de plus de 200 lycéennes à Chibok, au Nigeria, qui avait choqué le monde entier. Elle aurait dû déjà être opérationnelle en novembre dernier, mais les mésententes entre le Nigeria anglophone et ses voisins francophones ont retardé sa mise en place.

Ces derniers jours, l'urgence d'une réponse au défi islamiste s’est de nouveau fait sentir après le massacre mardi de 43 personnes dans des attaques contre trois villages de l'État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, épicentre des violences.

Commandement exclusivement nigérian

La MNJTF sera placée sous commandement exclusif nigérian, une concession faite au président nigérian Muhammadu Buhari. Celui-ci avait précisé avant la rencontre qu’il ne souhaitait pas de présidence tournante tous les six mois parce qu’une telle rotation entraverait "la capacité militaire à maintenir l’offensive contre les insurgés qui montrent une inquiétante capacité à s’adapter et à modifier leurs stratégies opérationnelles". Un commandement unique améliorera "l'efficacité de la stratégie militaire, dans la mesure où le Nigeria va fournir le gros des troupes et où le principal théâtre des opérations se situe sur le sol nigérian", a-t-il insisté.

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Depuis sa prise de fonction il y a deux semaines, Muhammadu Buhari, 72 ans, a focalisé son action sur la lutte contre Boko Haram, se rendant successivement au Niger et au Tchad et transférant le commandement militaire nigérian d’Abuja à Maiduguri, la capitale de l’État de Borno, berceau de l’insurrection.

Avant la création de la MNJTF, les batailles contre la secte islamiste se faisaient plus ou moins en rang désordonné. Même si une force commune existait déjà - regroupant des soldats venant du Tchad, du Niger, du Cameroun et du Nigeria - son action était limitée. Désormais les offensives seront coordonnées.

Boko Haram a déjà fait plus de 15 000 morts depuis 2009, et un million et demi de déplacés. La secte a fait allégeance, en mars, à l'organisation jihadiste de l’État islamique qui contrôle un vaste territoire à cheval sur l'Irak et la Syrie.

Avec AFP

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