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Yémen : les négociations de Genève buttent sur l’intransigeance des deux camps

Depuis le début des discussions, les représentants du gouvernement yéménite en exil et les rebelles houthis ne se sont toujours pas assis à la même table.
Depuis le début des discussions, les représentants du gouvernement yéménite en exil et les rebelles houthis ne se sont toujours pas assis à la même table. Fabrice Coffrini, AFP

Les négociations entamées mardi à Genève entre des représentants du gouvernement yéménite en exil et les rebelles houthis sont au point mort. Faute de pouvoir parvenir à un accord immédiat, l'ONU tente de négocier un cessez-le-feu.

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- Où en sont les discussions ?

Point mort à Genève. Les négociations entamées mardi 16 juin, sous l’égide de l’ONU, entre des représentants du gouvernement yéménite fidèle au président en exil, Abd Rabbo Mansour Hadi, et les rebelles houthis d’Ansarullah, soutenus par l’Iran, n’ont enregistré aucune percée significative. De fait, depuis le début des discussions, les deux parties affichent des positions apparemment inconciliables et ne se sont toujours pas assises à la même table.

Mercredi, les représentants de l’insurrection chiite n'ont toujours pris part aux négociations avec les représentants du gouvernement en exil. L'ONU a fixé un maximum de sept représentants, plus trois conseillers, pour chaque délégation. Les représentants du gouvernement s'y sont conformés mais la délégation des rebelles, qui compte 22 membres arrivés mardi à Genève, devait donner sa réponse mercredi à l'émissaire onusien.

Le ministre des Affaires étrangères, Ryad Yassine, qui préside la délégation du gouvernement en exil, l'absence d'avancée est à mettre sur le compte des Houtis qu'il accuse de "rester dans leur hôtel".

"Le seul point positif est que les négociations se poursuivent et qu'aucune délégation n'a claqué la porte", a expliqué à l’AFP un diplomate occidental qui suit les pourparlers. Pour l’émissaire spécial de l’ONU, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, le simple fait de réunir dans la ville suisse - mais dans deux hôtels séparés - les deux délégations rivales est déjà "un exploit".

Le chef d'un parti islamiste salafiste au Yémen, inscrit sur la liste noire du Trésor américain pour des liens financiers présumés avec Al-Qaïda, fait partie de la délégation du gouvernement yéménite en exil aux négociations de paix organisées cette semaine par l'ONU à Genève.

Abdel Wahab al-Humayqani a participé à l'ouverture des négociations de paix sur le Yémen lundi à Genève où on a pu le photographier aux côtés du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Il figure sur la liste des délégués du gouvernement en exil, en tant que représentant du parti salafiste Al-Rachad.

Originaire de la province d'Al-Baïda dans le centre du Yémen où Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (Aqpa) est influent, cet islamiste radical avait nié lorsqu'il avait été placé sur la liste noire du Trésor américain soutenir Al-Qaïda. "Je nie ces accusations et suis prêt à me présenter devant la justice yéménite pour les réfuter", avait-il dit alors à l'AFP.

Faute de pouvoir obtenir un accord politique dans l’immédiat, l’ONU cherche aujourd’hui à négocier une trêve humanitaire de 15 jours. Un cessez-le-feu d’autant plus impérieux que le mois de jeûne musulman du ramadan commence jeudi.

- Qu’exigent les deux parties ?

Réunis mercredi matin avec le groupe des 16 diplomates des grandes puissances, de l'Union européenne et du Conseil de coopération du Golfe, les représentants gouvernementaux ont fait connaître leurs conditions. "Nous exigeons le retrait [des rebelles] de toutes les provinces pour conclure un cessez-le-feu ou une trêve, conformément à la résolution 2216 du Conseil de sécurité", a indiqué devant les journalistes Ryad Yassine.

>> À voir sur France 24 : "Conflit au Yémen : quelle est la stratégie de l'Arabie saoudite ?"

De leur côté, les Houthis, issus d’une branche du chiisme, contestent le déroulement même des pourparlers. Ils exigent que le dialogue englobe les partis politiques yéménites dans leur ensemble, affirmant que leur délégation en représente plusieurs, et non les deux camps en guerre. Le chef de leur délégation, Hamza al-Houthi, a expliqué à l'AFP qu'ils considéraient le gouvernement comme illégitime car "démissionnaire" et exigeait un nouveau dialogue entre les partis politiques.

Au Yémen, leur chef Abdel Malek al-Houthi a accusé dans un discours télévisé, mardi soir, le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi de "chercher à entraver toute [...] tentative sérieuse de régler la situation politique du pays".

- Quelle est la situation sur le terrain ?

Depuis mai, les combats ont fait plus de 2 600 morts au Yémen, selon l'ONU, et la situation humanitaire est catastrophique dans ce pays pauvre de la péninsule arabique. À Aden, la grande ville du sud du pays où les combats se poursuivent entre rebelles et les partisans du président Abd Rabbo Mansour Hadi, la situation sanitaire est déplorable faute d'hygiène. Les habitants souffrent, non seulement des séquelles de la guerre, mais aussi de l’impossibilité de se procurer les traitements de base pour les maladies infectueuses, comme le paludisme, la fièvre typhoïde et la dengue.

Une coalition dirigée par l'Arabie saoudite, où est installé le gouvernement en exil du président Hadi, mène depuis fin mars des frappes sur les positions des rebelles d'Ansarullah et des militaires fidèles à leur puissant allié, l'ancien président Ali Abdallah Saleh.

Les États-Unis, qui soutiennent l'Arabie saoudite mais ont pris langue avec les rebelles, ont réaffirmé mardi qu'une solution politique au Yémen était "le seul moyen de régler la crise". Le porte-parole du département d'État Jeffrey Rathke a plaidé auprès de l'AFP pour "un rétablissement rapide du processus de transition politique yéménite".

Avec AFP

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