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L’Europe et la Grèce peuvent-elles encore s’entendre ?

Derrière le sourire, Christine Lagarde n'avait pas que des amabilités à dire au ministre grec des Finances Yanis Varoufakis.
Derrière le sourire, Christine Lagarde n'avait pas que des amabilités à dire au ministre grec des Finances Yanis Varoufakis. Thierry Monasse, AFP

Alors que les dirigeants européens se préparent pour un nouveau mini-sommet de la dernière chance sur la question de la dette grecque, prévu lundi, les signes que le torchon brûle entre Athènes et ses créanciers se multiplient.

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Le ministre britannique des Finances, George Osborne, a le sens de la formule. "Il est minuit moins une dans la crise grecque", a-t-il déclaré, vendredi 19 juin. La situation est, il est vrai, propice aux envolées mélodramatiques.

Athènes et ses créanciers ont échoué, une énième fois, à se mettre d’accord sur une solution pour la dette grecque, jeudi 18 juin. Une réunion de crise des principaux dirigeants européens a été prévue, en urgence, pour lundi prochain, - la piste d'un défaut y sera même envisagée, a-t-on appris vendredi - tandis que la Grèce n’a pas l’ombre d’un début de solution pour payer les 1,5 milliard d’euros que le pays doit rembourser au Fonds monétaire international (FMI) avant le 30 juin.

La crise de la dette a également dégénéré en crise de confiance. Les créanciers d’Athènes – Banque centrale européenne (BCE), Union européenne (UE) et FMI – jugent qu’Athènes ne se comporte pas en partenaire responsable. Le gouvernement anti-austérité d’Alexis Tsipras estime de son côté que l’intransigeance vient de Bruxelles. Pour illustrer l’étendue des dégâts, France 24 a retenu trois points qui démontrent que rien ne va plus entre les deux parties.

Christine Lagarde et les "adultes"

Elle n’a généralement pas la pique facile. Christine Lagarde, directrice du FMI, sait que ses déclarations peuvent avoir de réelles répercussions économiques. Mais cette fois-ci, elle s’en est vertement prise aux négociateurs grecs. "L’urgence est de rétablir le dialogue, avec des adultes dans la pièce", a affirmé la Française après l’échec de la réunion de jeudi.

Un peu plus tôt, elle avait salué le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis en se présentant comme la "criminelle en chef", rapporte "The Guardian". Une manière de rappeler à son interlocuteur qu’elle a peu goûté la sortie d’Alexis Tsipras assurant que le FMI avait "une responsabilité criminelle" dans la situation grecque.

Peur sur les banques

Les Grecs retirent leur argent des banques à une vitesse sans précédent. Près de trois milliards d’euros ont disparu des caisses des cinq principaux établissements financiers grecs depuis le début de la semaine. Les déposants ont même récupéré un milliard d’euros sur la seule journée de mercredi 17 juin, souligne le "Financial Times". Un signe fort, d’après le quotidien financier britannique, que la population est convaincue que le torchon brûle entre négociateurs grecs et représentants des créanciers d’Athènes.

Pour la BCE, le bank run – la course pour sortir les fonds de la banque – met tout le système bancaire grec en péril à très court terme. Les banques grecques pourraient, d’après l’institution de Francfort, être obligées de rester fermées lundi 22 juin. La BCE a donc décidé, vendredi, de leur prêter davantage d’argent. Mais elle n’a pas voulu préciser quelles sommes supplémentaires elle mettait ainsi à disposition des établissements hellènes.

Bons baisers gaziers de Russie

C’est un accord russo-grec qui va faire grincer des dents à Bruxelles. Moscou a accepté, vendredi 19 juin, de faire passer le projet de gazoduc TurkStream par le territoire grec, ce qui devrait rapporter deux milliards d’euros à Athènes.

Il ne s’agit, pour l’heure, que d’un protocole d’entente. Mais ce nouveau signe d’un rapprochement entre la Grèce et la Russie intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre Moscou et Bruxelles. L’UE doit ainsi décider, lundi, si les sanctions économiques contre la Russie seront reconduites. L’Europe peut craindre que le cadeau russe à Athènes incite la Grèce à s’opposer à ces sanctions.

Cet accord est aussi une manière pour Alexis Tsipras de montrer que son pays peut trouver des sources de financement en dehors de l’UE. En euros ou en drachmes.

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