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POLÉMIQUE

La "fuite d'eau" de Nicolas Sarkozy inonde les réseaux sociaux

Nicolas Sarkozy lors du meeting de jeudi 18 juin 2015 à l'Isle-d'Adam.
Nicolas Sarkozy lors du meeting de jeudi 18 juin 2015 à l'Isle-d'Adam. Capture d'écran du compte Twitter @GwendalPerrin
5 mn

Lors d'un meeting avec ses partisans, Nicolas Sarkozy a comparé jeudi l'afflux de migrants en Europe à une "grosse fuite d'eau" dans une maison. Ses propos ont provoqué l'indignation à gauche et un visible embarras à droite.

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Nicolas Sarkozy a frappé une nouvelle fois. Lors d’une réunion publique organisée jeudi 18 juin au soir à l'Isle-d'Adam, dans le Val d’Oise, l’ancien président de la République a brocardé la proposition de la Commission européenne de répartir les demandeurs d'asile entre les pays de l'Union, en comparant l'afflux de migrants qui y arrivent à "une grosse fuite d’eau".

"Il n'y a plus d'argent, plus d'emplois, plus de logements, mais ils ont trouvé un truc [...] ils ont considéré que la solution au problème d'immigration, ce n'était pas de réduire, c'était de répartir", a d’abord expliqué le président de l’UMP Sarkozy aux militants de son parti Les Républicains.

Et pour mieux railler la proposition européenne, il a étendu sa comparaison. Dans "une maison, il y a une canalisation qui explose, elle se déverse dans la cuisine. Le réparateur arrive et dit : j'ai une solution. On va garder la moitié pour la cuisine, mettre un quart dans le salon, un quart dans la chambre des parents et si ça ne suffit pas, il reste la chambre des enfants’", a-t-il ainsi lancé devant un parterre de militants visiblement amusés.

"Stigmatisantes"

Loin du meeting, dans les rangs de la majorité, la nouvelle saillie sur les immigrés n’a pas fait rire. Le "sketch xénophobe", comme l'ont qualifié certains, a même suscité de nombreuses réactions affligées jusqu’au sommet de l’État. François Hollande a appelé vendredi "tout le monde" à faire preuve de "gravité" et de "maîtrise".

Son Premier ministre, Manuel Valls, a de son côté invité les élus à élever le débat estimant que "la vie politique mérit[ait] mieux que ces phrases stigmatisantes et qui ne sont pas au niveau". Et d’ajouter : "Tous les mots qui blessent, qui divisent, les insultes [...], les Français n'en veulent plus et n'en peuvent plus."

Sur les réseaux sociaux, la petite phrase a également fait l’objet de nombreux commentaires de polémistes, d'observateurs et d'anonymes à l’instar du journaliste de RTL Jérôme Godefroy, pour qui Nicolas Sarkozy fait preuve d’"incontinence verbale". Quant à Benjamin Mathieu, journaliste à Radio France, il estime que la "fuite des cerveaux continue".

 

Une métaphore qui fait plouf à droite

Plus embêtant, la métaphore de la maison inondée ne semble pas avoir non plus séduit les élus de son propre camp. À l’exception de Roger Karoutchi, qui a juste regretté que "les bien-pensants de gauche" fassent "haro sur Sarkozy" pour sa "parabole", les Républicains ont visiblement préféré observer un silence poli, probablement sceptiques face à cette stratégie clivante.

La comparaison de Sarkozy signe une nouvelle fois "la perte de sens de la parole politique corollaire de la décomposition accentuée du pouvoir", estime pour sa part André Bercoff dans un article du "Figaro" du 19 juin. "Sarkozy comparant les problèmes de l'immigration à ceux causés par une fuite d'eau ; Taubira expliquant que des gens comme elle, sont beaucoup plus nombreux que des gens comme ses adversaires, en préconisant de faire attention ; Valls clamant que le terrorisme c'est la droite […] Tout se passe comme si, dans le microcosme, il ne s'agissait plus de faire de la politique, mais d'en alimenter le bêtisier. Comme si on n'avait plus seulement affaire à des cloches, mais à un carillon sonnant le requiem d'une activité dont ne subsistent que les résidus communicants."

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