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Quand la Grèce a failli faire faillite… en 2012

L'avenir de la Grèce dans la zone euro est suspendu à la décision des chefs d'État européens.
L'avenir de la Grèce dans la zone euro est suspendu à la décision des chefs d'État européens. AFP

La crise grecque atteint son paroxysme alors que les chefs d’État européens tentent toujours d'éviter la faillite. Pourtant, en 2012, la zone euro avait déjà été confrontée à un défaut de paiement grec… et s’en était relevée.

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Sans un accord entre les chefs d’État européens, Athènes devrait être incapable de rembourser 1,6 milliard d’euros au FMI avant le 30 juin. Le pays serait alors en défaut de paiement, ce qui pourrait ouvrir la voie à la sortie de la Grèce de la zone euro, créant ainsi un dangereux précédent pour le projet européen. C’est du moins le scénario catastrophe dont les médias – France 24 y compris – se font l’écho depuis plus d’une semaine.

Cent milliards d’euros de dettes effacés en 2012

Pourtant, la Grèce n’en est pas à son premier défaut de paiement. En mars 2012 et du jour au lendemain, l’Europe a effacé 100 milliards d’euros de dettes qu’Athènes n’était pas en mesure de payer. Dans la foulée, les créanciers de la Grèce avaient décidé du deuxième plan d’aide international qui, justement, arrive à échéance le 30 juin 2015.

On avait alors frôlé la catastrophe économique. La situation actuelle n’est, donc, pas nouvelle. Qui plus est, les conséquences d’une faillite grecque "auraient sans doute été beaucoup plus importantes en 2012 qu’aujourd’hui", estime Céline Antonin, spécialiste de l’économie grecque à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). À l’époque, le risque de contagion au Portugal, à l’Espagne et à l’Italie était bien réel et “le cas grec n’avait pas encore été aussi bien circonscrit qu’aujourd’hui”, rappelle cette économiste.

Il y a, en outre, une différence de ton entre 2012 et 2015 : tout le monde ou presque évitait, en 2012, de parler de faillite, de défaut de paiement et chacun cherchait à minimiser l’importance des concessions financières faites à la Grèce. Trois ans plus tard, le ton est beaucoup plus mélodramatique.

"Dramatiser la situation"

Pourquoi ? "La principale différence est qu’à l’époque c’étaient essentiellement des banques qui avaient accepté de restructurer leurs dettes et que, cette fois-ci, ce sont les créanciers publics et, au final, les contribuables européens qui sont concernés, ce qui a politiquement plus d’impact", souligne Céline Antonin.

Il y a aussi un contexte idéologique qui "pousse certainement à dramatiser la situation”, estime l'économiste. Elle rappelle qu’en 2012, "il n’y avait pas de véritable remise en cause de l’austérité comme remède à la crise de la dette". Tout le monde était d’accord sur la pilule que les Grecs devaient avaler et il n’était, de ce fait, pas nécessaire d’en faire tout un plat. Mais le gouvernement d’Alexis Tsipras, leader du parti de gauche radicale Syriza, est beaucoup moins consensuel.

Il y aurait, en fait, une volonté de la part des créanciers publics de politiser la crise pour éviter "de créer un précédent pour d’autres candidats éventuels au rejet de la rigueur économique", assure Céline Antonin. Le ton belliqueux adopté par la directrice du Fonds monétaire internationale Christine Lagarde et d’autres responsables européens serait donc, aussi bien, l’expression d’un ras-le-bol à l’égard du gouvernement anti-austérité grec qu’un message envoyé à d'autres mouvements qui gagnent en popularité, comme Podemos en Espagne.

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