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Le chef des services de renseignement rwandais arrêté à Londres

Le chef des services de renseignement rwandais, Emmanuel Karenzi Karake, a été arrêté le 20 juin à Londres.
Le chef des services de renseignement rwandais, Emmanuel Karenzi Karake, a été arrêté le 20 juin à Londres. Monuc

Poursuivi depuis 2008 pour crimes de guerre par les autorités espagnoles, le chef des services de renseignement rwandais Emmanuel Karenzi Karake a été arrêté samedi 20 juin à Londres par la police britannique.

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Il était recherché pour crimes de guerre depuis plus de 7 ans. Emmanuel Karenzi Karake, le chef des services de renseignement et de sécurité du Rwanda, a été arrêté samedi 20 juin à l’aéroport londonien de Heathrow en vertu d'un mandat d'arrêt émis par l'Espagne en 2008.

"Karenzi Karake, ressortissant rwandais, a comparu devant le tribunal de Westminster après avoir été arrêté en vertu d’un mandat d’arrêt européen délivré par les autorités en Espagne, où il est recherché en lien avec des crimes de guerre contre des civils", a annoncé lundi soir la police britannique. Karenzi Karake a été maintenu en détention et comparaîtra à nouveau jeudi devant le tribunal.

Dans le viseur espagnol

En février 2008, le juge de la Haute Cour espagnole Fernando Andreu Merelles a émis 40 mandats d’arrêt à l’encontre de responsables militaires rwandais, dont Emmanuel Karenzi Karake, pour génocide, crimes de guerre, crimes contre l’humanité et terrorisme au Rwanda et en République démocratique du Congo (RDC).

Ces militaires sont accusés d'avoir joué un rôle dans une offensive qui a fait des dizaines de milliers de morts parmi les réfugiés hutus en RDC. Ils agissaient en représailles du génocide rwandais de 1994 qui a fait plus de 800 000 morts, principalement parmi la minorité tutsi. Le général Karenzi Karake est également accusé d'avoir dirigé d'importants massacres de populations civiles entre 1994 et 1997 dans plusieurs régions du Rwanda.

Selon RFI, le Rwanda a officiellement demandé une "explication" au gouvernement du Royaume-Uni sur les raisons de l'arrestation du général Karenzi Karake, alors que ce dernier allait s'embarquer dans un avion pour Kigali à l'aéroport de Londres.

Un proche de Kagamé

Agé de 54 ans, le général Emmanuel Karenzi Karake, dit "KK", fait partie du premier cercle du président rwandais Paul Kagamé. Issu comme lui de la diaspora rwandaise en Ouganda, il a fait partie des chefs militaires de la rébellion du Front patriotique rwandais (FPR, aujourd'hui parti au pouvoir) qui a mis fin au génocide.

Depuis, il a toujours occupé des postes importants. De janvier 2008 à avril 2009, il a été numéro deux de la Minuad, la force hybride de l'Union africaine et de l'ONU, déployée au Darfour. C'est à cette période que le mandat d'arrêt espagnol a été émis, provoquant des tensions entre le Rwanda et l'ONU.

Emmanuel Karenzi Karake est brièvement tombé en disgrâce en avril 2010 et a été placé sous résidence surveillée pour "mauvaise conduite" avant d'être libéré en novembre de la même année après avoir "demandé pardon". En 2011, il fait un retour en grâce lorsque le président Paul Kagamé le nomme chef des services de renseignements rwandais.

Avec Reuters

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