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L'opposition burundaise annonce son boycott des élections générales

Le président Pierre Nkurunziza a lancé sa campagne présidentielle, jeudi 25 juin.
Le président Pierre Nkurunziza a lancé sa campagne présidentielle, jeudi 25 juin. Landry Nshimiye, AFP

L'opposition burundaise a mis ses menaces à exécution vendredi, en annonçant un boycott des élections générales qui doivent débuter lundi. Elle estime que les conditions ne sont pas réunies pour des élections "paisibles, transparentes et inclusives".

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L'opposition burundaise a annoncé, vendredi 26 juin, son boycott des élections générales prévues à partir du lundi 29 juin, après des semaines de contestation et de violences déclenchées par la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

Jusqu'au bout, l'opposition a tenté de faire plier le pouvoir et d'obtenir un nouveau report des scrutins pour éviter de se retirer du processus, gardant en tête son boycott des élections en 2010, qui avait eu pour seule conséquence de la sortir du jeu politique pendant cinq ans. En vain.

"Toute l'opposition a décidé unanimement de boycotter les élections qui ont été préparées par la Céni (la Commission électorale) et qui commencent par les communales et législatives de lundi", a déclaré à l'AFP l'un des leaders de l'opposition, Charles Nditije. Une lettre, signée par tous les représentants de l'opposition politique et dont l'AFP a obtenue une copie, a été déposée en ce sens, jeudi 25 juin, à la Céni.

Les membres de l'opposition y dénoncent un calendrier électoral fixé unilatéralement. Mais surtout, ils refusent d'aller aux urnes tant que les conditions pour des élections "paisibles, transparentes et inclusives" ne seront pas "préalablement créées".

"Ces conditions ont entre autres trait au désarmement de la milice Imbonerakure (la ligue des jeunes du parti au pouvoir) et à la sécurisation du processus électoral et des leaders politiques et sociaux, à la réouverture des médias indépendants, le retour des réfugiés de fraîche date et des leaders politiques et de façon générale le retour à une vie sociale normale", précisent-ils dans leur lettre.

Charles Nditije a également souligné le problème de légitimité de la Céni, dont deux membres ont fui à l'étranger et qui est désormais composée selon lui uniquement de fidèles du président Nkurunziza.

Fuite en avant

Le Burundi est secoué par une grave crise politique depuis l'annonce, fin avril, de la candidature de Pierre Nkurunziza, déjà élu en 2005 et 2010, à un troisième mandat. Ses opposants jugent la démarche anticonstitutionnelle et contraire à l'accord d'Arusha, qui avait ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile burundaise (1993-2006).

L'annonce de cette candidature a déclenché un mouvement de contestation populaire, violemment réprimé par la police et qui a aussi donné lieu à des heurts avec les Imbonerakure, accusés de campagne d'intimidation contre les anti-Nkurunziza.

Elle a également débouché sur un putsch manqué mi-mai, pendant lequel les médias indépendants ont été détruits et restent depuis empêchés d'émettre par le pouvoir.

>> À voir sur France 24 : Des journalistes burundais en exil de retour sur les ondes grâce à des radios rwandaises

Les violences qui ont accompagné la contestation populaire ont fait au moins 70 morts, selon une ONG burundaise de défense des droits de l'Homme. Et plus de 100 000 Burundais ont fui dans des pays voisins (Rwanda, République démocratique du Congo, Tanzanie) ce climat délétère.

Face à cette crise, le pouvoir burundais a déjà reporté deux fois les scrutins législatifs et communaux et une fois la présidentielle. Arguant d'un risque de vide institutionnel, le mandat de Pierre Nkurunziza s'achevant le 26 août, il a exclu ces derniers jours tout nouveau report, malgré les pressions de la communauté internationale qui, jeudi encore, a proposé une nouvelle et même date pour les législatives, communales et présidentielle (le 31 juillet).

Les détracteurs du chef de l'État dénoncent jour après jour une fuite en avant de Pierre Nkurunziza, qui a lancé, jeudi 25 juin, sa campagne présidentielle. Chaque semaine voit son lot d'opposants, journalistes, membres de la société civile et même de frondeurs du parti au pouvoir (le CNDD-FDD) fuir le pays, disant craindre pour leur vie.

Regain de violence

L'un des deux vice-présidents du pays, Gervais Rufyikiri, ouvertement opposé au troisième mandat, a ainsi gagné la Belgique cette semaine. Des rumeurs font aussi état d'une défection du président de l'Assemblée nationale, Pie Ntavyohanyima, officiellement à l'étranger pour une réunion interparlementaire mais autre frondeur notoire.

Parallèlement, depuis une semaine, les violences sont reparties de plus belle dans le pays, où des attaques à la grenade ont fait au moins quatre morts et des dizaines de blessés.

Signe supplémentaire des tensions, quelque 200 étudiants qui campaient depuis le début de la contestation anti-Nkurunziza à l'extérieur de l'ambassade des États-Unis à Bujumbura et que la police voulait évacuer, se sont réfugiés pacifiquement dans le complexe de la représentation diplomatique jeudi après-midi. Ils ont quitté les lieux dans la soirée.

Avec AFP

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