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ATTENTAT EN ISÈRE

Attentat en Isère : Yassin Salhi mis en examen et écroué

Yassin Salhi, escorté par la police le 28 juin 2015.
Yassin Salhi, escorté par la police le 28 juin 2015. Capture d'écran France 24
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L'auteur présumé de l'assassinat d'un chef d'entreprise et de l'attaque d'une usine de gaz industriels, Yassin Salhi, a été mis en examen mardi pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste, et placé en détention provisoire.

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L'attentat commis par Yassin Salhi est bien de nature terroriste. L'auteur présumé de l'assassinat d'un chef d'entreprise et de l'attaque d'une usine de gaz industriels a été mis en examen, mardi 30 juin, par un juge antiterroriste pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste, et placé en détention provisoire.

Le chauffeur-livreur de 35 ans a également été mis en examen pour enlèvement et séquestration en vue de préparer ou de faciliter la commission du crime d'assassinat, destruction ou dégradation par l'effet d'une substance explosive, incendiaire ou de nature à créer un danger pour les personnes et violences volontaires sur personnes chargées d'une mission de service public

Quelques heures auparavant, le procureur de Paris, François Molins, avait ordonné une information judiciaire pour assassinat en lien avec une entreprise terroriste. Il estime que l’acte commis par l’auteur présumé de l’attentat en Isère "correspond très exactement aux mots d'ordre de Daech, l'organisation de l'État islamique".

La tentative de faire exploser une usine chimique en Isère "ressemble à une opération martyr", a encore dit François Molins lors d'un point de presse, indiquant que ce caractère terroriste était ainsi établi, en dépit des affirmations de Salhi selon lequel ses actions avaient une motivation personnelle.

La mise en scène de la décapitation et l'envoi de photos pour une éventuelle revendication correspondent également aux actions de l'EI, a estimé le procureur.

"Témoignage indirect"

Le magistrat a précisé que Salhi était "visiblement régulièrement en relation" avec un Français parti en Syrie, "Younes", auquel il avait envoyé un selfie macabre pris avec la tête de son employeur qu'il avait décapité avant son action dans l'usine chimique.

Le procureur a fait état d'un "témoignage indirect" selon lequel Younes aurait "demandé l'autorisation à l'EI de diffuser ces clichés". S'il est "prématuré d'aller jusque" faire de Younès un donneur d'ordre, "la première chose que Salhi a faite, après ses actes criminels terroristes, a été d'envoyer ses clichés à cet individu".

Faisant preuve d'une "mémoire sélective", Salhi a assuré aux enquêteurs n'avoir aucun souvenir de la mise en scène macabre ni de l'envoi de la photo, selon le procureur. "Tout son comportement démontre que dès la veille au soir, il avait conçu son projet criminel terroriste", a-t-il poursuivi.

Une année en Syrie

Salhi "avait été remarqué dès 2003 (...) dans un groupe salafiste du Doubs, à Pontarlier. En 2003 et 2004, il s'était rendu plusieurs fois au Maroc et en Arabie saoudite" et avait attiré l'attention par "sa fréquentation du surnommé 'Grand Ali'", Frédéric Jean Salvi, "figure du radicalisme à Pontarlier entre 2003 et 2005". Salhi "avait ainsi fait l'objet d'une fiche S de 2006 à 2008".

"Après avoir quitté Besançon pour Saint-Priest en banlieue lyonnaise, Salhi serait, d'après les dires de sa sœur (...), parti en Syrie avec femme et enfants pendant un an en 2009 (...). L'intéressé reconnaît aussi être allé en Syrie, en prétextant y être allé pour apprendre l'arabe." Mais selon un témoin : "Il est allé dans une école coranique. Une école coranique, ce n'est pas pour apprendre l'arabe."

"À son retour, il est revenu à Besançon où il a pratiqué plusieurs sports de combat", notamment du free fight. "En 2011, il est apparu proche d'un individu gravitant autour de la mouvance Forsane Alizza" et "au printemps 2014, un de ses voisins (...) avait signalé auprès de la gendarmerie la tenue de réunions à caractère religieux" chez Salhi. Enfin, "il s'est plaint à plusieurs reprises du manque d'implication religieuse de son épouse."

Avec AFP et Reuters

 

 

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