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Tournée en Afrique : Hollande en Angola pour tourner la page de l'Angolagate

François Hollande sera reçu en fin de matinée par son homologue angolais (archives).
François Hollande sera reçu en fin de matinée par son homologue angolais (archives). PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

La tournée en Afrique de François Hollande se poursuit ce vendredi en Angola, où il sera question de tourner définitivement la page de l'Angolagate et de signer des contrats pour les entreprises française.

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François Hollande poursuit, ce vendredi, sa tournée express en Afrique par une visite d'État en Angola qui devrait se solder par la signature de nombreux contrats, moyen de resserrer des liens diplomatiques fortement mis à mal par l'affaire de ventes d'armes illicites de l'Angolagate en 1994.

Arrivé jeudi soir et accompagné d'une cinquantaine de chefs d'entreprises français, le président de la République doit ouvrir vendredi matin un Forum économique franco-angolais au cours duquel des contrats devraient être signés pour un montant global d'un milliard de dollars.

Le géant pétrolier Total, qui réalise 10 % de son extraction mondiale en Angola et exploite un tiers des ressources du pays, devrait signer deux accords, dont l'un concerne la commercialisation de lampes solaires.

Le groupe Accor devrait, lui, décrocher la gestion de 50 hôtels, tandis que le groupe de BTP Eiffage pourrait signer un contrat de 200 millions de dollars pour la livraison de 300 passerelles, selon une source proche du dossier citée par l’AFP.

Depuis la fin de la guerre civile en 2002, l'Angola, deuxième producteur de pétrole d'Afrique, connaît un fort essor économique, avec une croissance moyenne de 6 % entre 2008 et 2013. La chute du prix du pétrole depuis la fin 2014 provoque toutefois d'importantes difficultés.

Parallèlement, des accords intergouvernementaux devraient être signés, permettant notamment des financements de l'Agence française de développement (AFD), une facilitation pour l'obtention de visas et un développement de la coopération militaire entre les deux pays

Sceller la réconciliation initiée par Sarkozy

"La France et l'Angola ont eu des relations qui n'ont pas toujours été simples mais depuis plusieurs années maintenant nous avons veillé à les renforcer", a souligné François Hollande dès son arrivée jeudi soir à Luanda, devant la communauté française.

Il a fait valoir que l'Angola "compte économiquement mais aussi politiquement" et qu'il est un facteur de "stabilité" tant en République centrafricaine qu'en République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs.

Paris pousse en faveur d'un engagement militaire de l'Angola en RCA, alors que Luanda a jusqu'à présent privilégié une aide financière, avec notamment un don de 10 millions de dollars à Bangui en mars 2014.

Initiée en 2008 avec la venue de Nicolas Sarkozy à Luanda, cette réconciliation n'a abouti qu'en 2014 avec la visite du président angolais José Eduardo dos Santos à Paris, la première depuis 20 ans.

La visite de François Hollande, qui sera reçu au palais présidentiel en fin de matinée pour un entretien avec son homologue angolais suivi d'un déjeuner d’État, vise à clore ce long processus de rapprochement.

En mettant l'accent sur l'économie, le chef de l'État français devrait ainsi éviter d'aborder les sujets épineux dont le respect des principes démocratiques et des droits de l'Homme ainsi que la question de la corruption et des inégalités sociales.

Indépendant depuis 1975, l'Angola est dirigé par José Eduardo dos Santos depuis 1979, soit presque 36 ans. Ces dernières années, des mouvements de jeunes appellent régulièrement à manifester pour demander son départ et de meilleures conditions de vie.

Malgré la forte croissance, plus de la moitié des Angolais vivent encore avec moins de deux dollars par jour et l'Angola est l'un des pays du monde avec le plus fort de taux de mortalité infantile, 161 décès pour 1 000 naissances.

Le locataire de l’Élysée qui a entamé sa tournée africaine dans la nuit de mercredi à jeudi au Bénin, doit l'achever vendredi soir au Cameroun, où les questions de sécurité seront au premier plan, dans ce pays menacé par la secte islamiste nigériane Boko Haram.

Avec AFP

 

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