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Près de 200 personnes tuées par Boko Haram en 48 heures

Capture d'écran d'une vidéo diffusée par le groupe Boko Haram le 2 juin, montrant des membres présumés.
Capture d'écran d'une vidéo diffusée par le groupe Boko Haram le 2 juin, montrant des membres présumés. AFP

La secte islamiste Boko Haram a tué près de 200 personnes au Nigeria en 48 heures, la pire semaine depuis la prise de fonctions du nouveau président nigérian Buhari, qui a fait de la lutte contre Boko Haram sa priorité.

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Boko Haram intensifie ses attaques. En 48 heures, près de 200 personnes ont été tuées au Nigeria par la secte islamiste qui a prêté allégeane à l'organisation de l'Etat islamique (EI). La pire semaine pour le pays depuis que le nouveau président Muhammadu Buhari, qui a fait de la lutte contre Boko Harma sa priorité a pris ses fonctions.

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La vague d'attaques, qui a débuté mercredi soir, a touché plusieurs villages de l'État de Borno (nord-est), épicentre de l'insurrection islamiste.

Attaques dans des mosquées

Les islamistes ont d'abord attaqué le village de Kukawa, proche du lac Tchad, mercredi soir. Peu après la rupture du jeûne, ils ont exécuté au moins 97 personnes, des fidèles musulmans et leurs fils, en train de prier à la mosquée. Et aussi des femmes, abattues chez elles.

Moins de deux heures plus tard, à une cinquantaine de kilomètres de là, près de la ville de Monguno, 48 autres fidèles réunis pour la prière du soir ont été fusillés, et deux villages ont été entièrement rasés. 

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Jeudi vers 14 heures (13 heures GMT), une jeune fille d'environ 15 ans s'est ruée à l'intérieur d'une mosquée de Malari, un village proche de Konduga -à 35 km de Maiduguri- peu après le début de la prière, tuant 12 fidèles et en blessant sept autres, selon Danlami Ajaokuta, le chef d'une milice locale opposée à Boko Haram, et un témoin.

"Au moment où les fidèles étaient en train de prier [...], elle a couru très vite à l'intérieur [...] et elle s'est fait exploser", a expliqué Gajimi Mala, un habitant.

L'attentat n'a pas été revendiqué pour l'instant mais correspond au modus operandi de Boko Haram, qui a souvent utilisé des jeunes filles comme bombes humaines.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, un autre village a été attaqué, celui de Miringa. Des islamistes armés y ont sélectionné 11 hommes accusés d'avoir refusé d'être enrôlés de force par Boko Haram, vers 1h30 du matin (00h30 GMT), et les ont exécutés, selon plusieurs habitants.

Enfin, vendredi vers 13 heures (midi GMT), des islamistes armés se sont mis à tirer sur la population dans le village de Mussa, dans le sud de l'État de Borno, tuant au moins 31 personnes.

L'armée nigériane a de son côté déclenché vendredi soir une opération contre des combattants de Boko Haram dans le village de Zabarmari, situé près de Maiduguri, la capitale de l'État du Borno, a raconté à l'AFP un membre d'une milice privée.

"Des hordes d'hommes en armes de Boko Haram sont actuellement pris dans une bataille acharnée avec les soldats nigérians dans le village de Zabarmari, à 10 kilomètres de Maiduguri", a déclaré ce milicien, Danlami Ajaokuta.

Six kamikazes se sont fait exploser vendredi dans le village, tuant des dizaines de personnes. De nombreux résidents de Zabarmari ont fui vers Maiduguri pour échapper à l'attaque.

"Former une coalition internationale plus efficace"

Selon un comptage de l'AFP, ces carnages font grimper à 454 le nombre des personnes tuées victimes d'attaques islamistes depuis l'accession au pouvoir du nouveau président.

Investi le 29 mai à la tête du pays le plus peuplé d'Afrique, le président Muhammadu Buhari a condamné cette nouvelle vague de violences "inhumaines" et "barbares". Selon M. Buhari, qui a fait de la lutte contre Boko Haram sa priorité, ce bain de sang démontre la nécessité "de former une coalition internationale plus efficace" contre le groupe armé.

Une opération militaire régionale déclenchée en février par le Nigeria et les pays voisins, Tchad en tête, a permis au pouvoir nigérian de reprendre possession de la quasi-totalité des localités du nord-est contrôlées par Boko Haram.

Mais les islamistes sont toujours présents, surtout dans la région du lac Tchad, "un territoire très vaste qui échappe au contrôle des autorités", et Boko Haram, un groupe "très mobile", n'a pas perdu sa capacité de nuisance, même s'il a été affaibli, estime le professeur Kyari Mohammed, spécialiste de Boko Haram.

Avec AFP

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