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Les Grecs aux urnes pour un référendum crucial

En Europe, tous les regards sont rivés sur l'issue du référendum grec.
En Europe, tous les regards sont rivés sur l'issue du référendum grec. Andreas Solaro, AFP

Les Grecs affluent vers les bureaux de vote dimanche pour se prononcer pour ou contre le plan de sauvetage proposé par les créanciers de la Grèce. Une victoire du "non" ouvrirait la voie à une sortie du pays de la zone euro.

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Ce dimanche s'annonce crucial pour la Grèce. Près de 10 millions d'électeurs sont appelés à voter dimanche 5 juillet pour ou contre le plan de sauvetage "argent frais contre réformes" mis au point par les créanciers de la Grèce, lors d'un référendum qui pourrait ouvrir la voie à une sortie du pays de la zone euro, après cinq années d'austérité.

>> À lire sur France 24 : "La Grèce a-t-elle les moyens de son référendum ?"

Le référendum arrive après cinq mois de discussions infructueuses, d'Eurogroupes réunis en urgence en sommets exceptionnels, entre le gouvernement grec et les créanciers du pays, Union européenne (UE), Fonds monétaire international (FMI) et Banque centrale européenne (BCE). Depuis 2010, ils ont accordé à Athènes 240 milliards d'euros d'aide ou promesses de prêts, mais n'ont rien versé depuis près d'un an. Car le gouvernement refuse de consentir en échange à certaines réformes qu'il estime socialement trop difficiles.

"Personne ne peut ignorer le message de détermination d'un peuple à prendre son destin entre ses mains", a lancé après avoir voté le Premier ministre, Alexis Tsipras, qui appelle à voter "non" à cette consultation qui porte officiellement sur les dernières propositions faites à Athènes par les créanciers du pays.

Après un énième échec des discussions, Tsipras a annoncé la tenue de ce référendum en pleine nuit, le 27 juin. Un référendum qui pose dimanche une question d'autant plus alambiquée que la Grèce n'est plus sous aucun programme d'aide depuis le 30 juin au soir. "Faut-il accepter le plan d'accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) lors de l'Eurogroupe du 25 juin?".

Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures locales (4 heures GMT). L'issue du scrutin reste pour l'heure très incertaine : dans un contexte de forte tension entre Athènes et les Européens et de crainte d'un effondrement financier, les enquêtes d'opinion n'ont pas permis de dégager une tendance claire à la veille de ce scrutin vers lequel tous les regards en Europe sont rivés. Les quatre derniers sondages publiés ne promettent un triomphe à personne: trois donnent l'avantage au "oui", un au "non", mais avec des avances respectives de 1,4 point au plus.

"Les Grecs se retrouvent pris en otages".

"Oui" ou "non" ?

Les Grecs apparaissent donc très divisés entre les partisans du "non" prôné par le Premier ministre Alexis Tsipras qui a appelé à refuser une "humiliation" et les défenseurs du "oui" convaincus qu'un "Grexit" serait pire que la poursuite d'un programme de rigueur budgétaire.

Pour les créanciers et les partenaires européens, une victoire du "non" ouvrirait la voie à une sortie de la Grèce de la zone euro et aurait des conséquences sur l'ensemble des marchés financiers.

Les partisans du "non" font valoir qu'une nouvelle hausse fiscale et une baisse des pensions de retraite en échange d'une prolongation de l'aide financière internationale n'est pas supportable pour un pays où un quart de la population active est sans emploi. Ils estiment avec Alexis Tsipras que l'Europe se livre à un "chantage" sur leur pays.

Les tenants du "oui" estiment que les propositions des "institutions" s'annoncent à nouveau douloureuses mais qu'une sortie de la zone euro et un retour à la drachme constitueraient un scénario bien pire.

L'avenir du gouvernement en jeu

Par ailleurs, avec ce référendum, c'est aussi le le sort du premier gouvernement de gauche radicale de l'UE qui se joue.

À la veille du scrutin, le ministre des Finances Yanis Varoufakis, a affirmé qu'en cas de victoire du "non", les créanciers n'auront pas d'autre choix que d'accorder à la Grèce des conditions d'aide plus favorables, y compris un important allègement de la dette et moins d'austérité.

En cas de victoire du "oui", Varoufakis et Tsipras devraient démissionner ouvrant une nouvelle phase d'incertitude alors que les partis politiques locaux tentent de s'entendre pour constituer un gouvernement d'union nationale.

Une autre crainte est liée à une victoire étriquée d'un camp ou de l'autre qui viendrait ajouter à la confusion ambiante et pourrait se traduire par des manifestations violentes plutôt que par l'expression claire des intentions du peuple grec.

Toute cette campagne éclair s'est déroulée dans une atmosphère pour le moins tendue : les Grecs sont en colère et épuisés par les mesures d'austérités. Le week-end dernier, ils se sont rués aux distributeurs pour retirer le plus d'argent possible par crainte d'un manque de liquidités. En réaction, les banques ont fermé une semaine et ont imposé une limite aux retraits d'argent à 60 euros par personne et par jour.

Les différents scénarios post-référendum


Avec AFP et REUTERS

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