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L'Allemagne sous le choc d'une "victoire à la Pyrrhus de Tsipras"

La presse allemande s'est montrée très critique à l'égard de la victoire du "non" au référendum grec.
La presse allemande s'est montrée très critique à l'égard de la victoire du "non" au référendum grec. Clemens Bilan, AFP

La victoire du "non" au référendum grec a été très mal vécue par les commentateurs allemands. Ils prophétisent des lendemains qui déchantent pour les Grecs, mais restent silencieux sur l’échec politique d’Angela Merkel dans ce dossier.

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Les Grecs ont fait la fête et les Allemands se sont réveillés avec la gueule de bois. La victoire, dimanche 5 juillet, du “non” au référendum grec a laissé un goût de défaite dans la bouche des commentateurs germaniques. Normal : toute la classe politique ou presque avait activement appelé leurs cousins hellènes à voter “oui” aux propositions des créanciers.

C’est le quotidien conservateur “Frankfurter Allgemeine Zeitung” qui résume le mieux le sentiment qui domine de leur côté du Rhin. “La victoire à la Pyrrhus de Tsipras”, titre le journal de Francfort. “Le gouvernement peut triompher pour l’instant [...] mais le peuple grec doit se préparer à ce que la situation [économique] ne s’améliore pas sur le court terme”, note le quotidien. Pire, d’après son éditorialiste, il n’y aurait “aucune lueur en vue au bout du tunnel”.

“Fausses promesses à répétition”

Même son de cloche mélodramatique de l’autre côté de l’échiquier politique. Le quotidien de centre-gauche “Süddeutsche Zeitung” ne voit pas non plus de raison de se réjouir du résultat du référendum. “Le drame précède le drame”, affirme le journal du sud de l’Allemagne. Il estime que contrairement à ce qu’Alexis Tsipras a bien voulu faire croire aux Grecs, le “non” “réduit la marge de négociation” sur le futur de la Grèce. La “Süddeutsche Zeitung” assure que ce vote va pousser “les 18 autres pays à inciter la Grèce à quitter la zone euro”. Pour le quotidien, les autres membres de la zone euro n’ont, en fait, pas le choix car “c’est une question de légitime défense”. Céder aux revendications grecques reviendrait, d’après le journal, à céder au populisme “et inviter les extrêmes à jouer un rôle de plus en plus important” au sein de la construction européenne.

Revue de presse grecque

Car pour la presse allemande, le résultat du référendum symbolise une certaine tendance dangereuse pour l’Europe : la victoire de l’émotion - carburant du vote pour les partis populistes - sur la raison. Le site de l’hebdomadaire “Der Spiegel” regrette que les électeurs grecs se soient laissé duper “par les fausses promesses à répétition de leur gouvernement” qui a su jouer sur la colère de la population contre les créanciers d’Athènes.

Un échec ou un “choc” pour Merkel ?

Si tous les médias allemands soulignent à quel point les Grecs risquent, à leurs yeux, d’être les dindons de la farce, ils sont beaucoup moins nombreux à souligner la défaite de leur chancelière. Pourtant, la presse européenne a été prompte à souligner que la victoire du “non” était un cinglant désaveu de la position défendue par Angela Merkel qui a toujours refusé de renégocier la dette grecque. Les commentateurs allemands préfèrent, comme le site “WirtschaftsWoche”, parler de “choc pour la chancelière”. Tout est dans le choix des mots.

Il n’y a guère que le quotidien “Die Welt” qui évoque clairement l’échec de Berlin. “Le ‘non’ a Athènes est aussi une défaite pour Merkel”, explique le journal. Il assure que c’est l’intransigeance de la chancelière sur l’austérité imposée à Athènes qui a poussé les Grecs à voter pour le parti de gauche radicale Syriza en janvier dernier. Elle ne ferait que récolter aujourd’hui les fruits des graines qu’elle a semées ces dernières années. “L’opinion mondiale va maintenant se demander comment l’Europe, et donc l’Allemagne qui en assure le leadership politique, va pouvoir imposer ses vues à la Russie au sujet de l’Ukraine si l’UE a échoué en Grèce”, se désole “Die Welt”.

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