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L'ex-otage français au Mali Serge Lazarevic se sent "invisible" depuis son retour

Serge Lazarevic et François Hollande, sur le tarmac de l'aéroport de Villacoublay lors du retour de l'ex-otage, le 9 décembre 2015.
Serge Lazarevic et François Hollande, sur le tarmac de l'aéroport de Villacoublay lors du retour de l'ex-otage, le 9 décembre 2015. Bertrand Guay, AFP

Libéré en décembre après trois ans de captivité au Mali, Serge Lazarevic se sent abandonné. Dans l'incapacité de travailler ou de changer de logement, celui qui fut le dernier otage français exprime son difficile retour à la normale.

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Il était le dernier otage français dans le monde. Après trois années de captivité au Sahel, aux mains d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l’ex-otage Serge Lazarevic a été libéré le 9 décembre dernier. À peine descendu de l’avion qui le ramenait du Niger à Paris, le colosse franco-serbe déclarait "la vie est belle de retrouver la liberté".

Sept mois après son retour, sa vie n'est plus si belle que cela. Dans une interview exclusive accordée à France Info, l’homme de 52 ans confie son difficile retour à la vie normale. L’euphorie du retour n'aura duré qu’une "quinzaine de jours", explique-t-il. Ensuite, il a rapidement été rattrapé par les difficultés que peut rencontrer un homme qui a disparu pendant plus de trois ans.

Il mène désormais "une vie de reclus" dans un studio de 8 mètres carrés en Seine-Saint-Denis. Il est bien en peine de fournir les fiches de salaire et avis d'imposition qui lui permettraient de trouver un logement décent, dans lequel il pourrait notamment accueillir sa fille et ses petits-enfants.

"SDF de la République"

Ses difficiles conditions de détention ne l'ont pas laissé indemne. "Dépressif", il souffre aussi de problèmes de santé liés à sa captivité. "J'ai le bassin qui a été touché, j'ai pris des coups sur la tête, on m'a torturé, j'ai des problèmes de mémoire et d'oreille interne, et j'ai des vertiges tout le temps. Je ne sais pas si vous pouvez réaliser ce que c'est, quatre ans dans la nature, dans le djebel, dormir sur des pierres", raconte-t-il.

Mais le plus dur semble être son sentiment d’abandon qui l'étreint. Celui qui a été accueilli en héros sur le tarmac de Villaboublay par le président François Hollande a sombré dans l’oubli. "Depuis que je suis arrivé, je n'ai aucune aide de personne. J'ai été abandonné, je suis un SDF de la République française", explique-t-il au micro de France Info, n'hésitant pas à dire qu'il était "mieux au Mali".

"Au Mali, même si on souffre, même si on est torturé et qu’on est esclave, l'esprit comprend mieux, car il y a une explication. Au Mali, ils prennent des otages et c'est une guerre contre la France. Ici, je ne sais pas pourquoi je suis là. Je ne me considère pas comme un héros mais je ne comprends pas ce que l'on veut faire avec moi. Et j'ai l’impression d’être invisible depuis que je suis arrivé."

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