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Algérie : l'armée rétablit un calme précaire à Ghardaïa

En proie à une flambée de violences entre Berbères et Arabes, Ghardaïa porte les stigmates de plusieurs jours d'affrontements.
En proie à une flambée de violences entre Berbères et Arabes, Ghardaïa porte les stigmates de plusieurs jours d'affrontements. France 24

Après plusieurs jours d’affrontements entre Arabes et Berbères à Ghardaïa, à 600 km au sud d'Alger, l’armée est parvenue à rétablir le calme. Plus de 20 personnes sont mortes et des dizaines d'autres blessées lors de la flambée de violence.

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Les rues de Ghardaïa sont désertes. Rares sont les habitants à oser sortir de chez eux après la flambée de violence qui a enflammé leur ville pendant trois jours. Depuis mardi soir, la ville située à 600 km au sud de la capitale algérienne a été le théâtre de violents affrontements entre Berbères et Arabes, qui ont fait 21 morts et des dizaines de blessés.

Barricades de pneus, de brouettes et d'objets divers, locaux commerciaux, maisons et véhicules incendiés : la ville de Guerara portait jeudi matin les stigmates des affrontements des jours précédents. "Il ont tout brulé, ma maison et toutes mes affaires. Dieu merci les voisins sont arrivés à temps pour nous sauver ma fille et moi", témoigne Hayek, au micro de France 24. "J’ai tout perdu, je n'ai plus rien. Nous n'avons plus rien mon fils et moi, nous sommes à la rues", déplore un homme,

Le gouvernement algérien a envoyé l’armée pour mettre un terme aux violences. Vendredi matin, un calme précaire régnait dans la ville. Aucun déploiement de soldats n'était toutefois visible dans cette localité où 19 personnes sont mortes dans la nuit de mardi à mercredi, le plus lourd bilan depuis le début de la crise communautaire en décembre 2013, en raison de l'utilisation pour la première fois d'armes à feu.

Une ampleur nationale

L'affaire a pris une ampleur nationale qui a conduit le président Abdelaziz Bouteflika à tenir mercredi soir une réunion d'urgence avec le Premier ministre Abdelmalek Sellal et le chef de l'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaid Salah. Le chef de l'État a chargé le commandant de la quatrième région militaire de superviser les opérations "pour le rétablissement et la préservation de l'ordre public à travers la wilaya (préfecture) de Ghardaïa".

Le Premier ministre, qui s'est rendu sur place jeudi, a assuré que l'État était déterminé à prendre les "mesures appropriées et fermes pour éradiquer toute forme de violence et rétablir la la paix dans la région". L'armée a "toutes les prérogatives pour rétablir l'ordre même en instaurant un couvre-feu, interdisant les manifestations, les attroupements", a-t-il précisé, devant un parterre de membres de la société civile et des notables de la région de Ghardaïa.

Mais pour la population locale, ces efforts ne sont pas suffisants. "Trouvez une solution ! Le ministre de l’Intérieur est déjà venu hier, il était la encore la semaine dernière. Mais cela ne change rien, les violences continuent d'éclater. Le problème n'est toujours pas réglé. Alors je te le demande, Sellal : 'As-tu une solution oui ou non?'", s’enquiert un jeune homme, interpellant le Premier ministre.

Depuis plus de deux ans, le gouvernement a envoyé à chaque poussée de violence des renforts de policiers et gendarmes sans réussir à rétablir l'ordre dans la vallée rocailleuse aux portes du désert.

Un ordre difficile à rétablir

Le sud algérien est régulièrement le théâtre d'affrontements communautaires. Y cohabitent depuis des siècles Mozabites, des Berbères de rite ibadite (branche disctincte du sunnisme et du chiisme), et des Arabes malékites (musulmans sunnites). Se sont ajoutées au fil des décennies des populations diverses attirées par l'urbanisation et la découverte du pétrole dans des gisements proches.

Majoritaires dans la région, les Mozabites, dont le fief de Ghardaïa est un joyau touristique classé au patrimoine mondial de l'Unesco, continuent de vivre selon un modèle propre : forte solidarité entre membres de la communauté, contrôle social, modes de vie et habitat spécifiques…

Ce modèle perçu parfois comme un "empêchement à l'adhésion à la nation" dans un pays dirigé par un pouvoir politique centralisé, souligne la sociologue Fatima Oussedik. En décembre 2013, c’est la destruction d’un mausolée berbère avait relancé les violences.

Avec AFP 

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