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Les obstacles qui subsistent sur le chemin de l’aide à la Grèce

C'était avant la crise grecque et le référendum : le courant semblait passer entre Angela Merkel et Alexis Tsipras en mars 2015, à Berlin.
C'était avant la crise grecque et le référendum : le courant semblait passer entre Angela Merkel et Alexis Tsipras en mars 2015, à Berlin. Tobias Schwarz, AFP

Si la Grèce a remis en temps et en heure le détail de ses propositions de réformes, elle n’est pas encore assurée d’obtenir l’aide internationale. Il existe encore des obstacles importants avant de pouvoir conclure au "Happy End".

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Hausse de la TVA dans la restauration, coupes drastiques dans le budget de la Défense, fin de la fiscalité avantageuse sur les îles et réforme des retraites : la Grèce semble, avec ses propositions de la treizième heure, avoir coché toutes les cases pour apaiser ses créanciers.

Le président français, François Hollande, s’est d’ailleurs réjoui d’un plan de réformes qui comportent, selon lui, des “propositions sérieuses et crédibles”. Le rideau semble donc tomber sur un “happy ending”. La suite logique de ce scénario serait que Bruxelles, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE) applaudissent et sortent le carnet de chèques pour avancer, sur trois ans, les quelques 53 milliards d’euros demandés par Athènes.

L’aile gauche de Syriza et les nationalistes

Pas si vite. “Les heures qui viennent seront importantes [...], rien n’est encore fait”, a prévenu le chef de l’État français. Malgré les concessions de la partie grecque - Alexis Tsipras a repris peu ou prou l’intégralité des dernières propositions des créanciers à son compte - et les réactions plutôt positives des partenaires européens, l'opération "sauvez la Grèce" peut encore échouer.

Le principal danger vient du Parlement grec. Alexis Tsipras “joue son va-tout maintenant”, explique Alexia Kefalas, correspondante de France 24 à Athènes. Vendredi 10 juillet, les députés vont voter pour décider s’ils accordent au Premier ministre le mandat pour présenter les nouvelles réformes à Bruxelles, et débloquer un nouveau plan d’aide.

La partie est loin d’être gagnée. Panagiotis Lafazanis, le ministre de l’Énergie et bruyant représentant de l’aile gauche de Syriza, a refusé de signer la lettre envoyée aux créanciers. Il est le porte-voix d'une quinzaine de députés susceptibles, donc, de s’opposer à Alexis Tsipras.

Le Premier ministre devra aussi amadouer les représentants des Grecs indépendants, le parti nationaliste avec qui Syriza gouverne. Cette formation s’est toujours opposée à des coupes trop importantes dans le budget de la Défense, et ne veut pas non plus que les îles grecques perdent leurs avantages fiscaux. Il y a cependant de fortes chances pour que le chef de gouvernement puisse compter sur certains partis d’opposition, favorables à un accord avec les créanciers, et ainsi obtenir le soutien du Parlement. Mais à quel prix ? La coalition gouvernementale pourra-t-elle y survivre ?

L’aile droite d’Angela Merkel

Dans le cas d'un vote défavorable au Parlement grec... personne ne sait ce qu'il adviendra. Toutefois, un vote favorable ne suffira pas pour surmonter tous les obstacles en vue d'un accord. L’Allemagne a aussi son mot à dire et les premières déclarations venues de Berlin ne sont pas encourageantes. Dans les rangs des conservateurs de la CDU d’Angela Merkel, le scepticisme semble de mise. Le député Ralph Brinkhaus veut avant tout “savoir à quel point les propositions grecques sont crédibles”. Son collègue de la CSU (ultraconservateur bavarois) Hans-Peter Friedrich est encore plus sévère : “Le gouvernement grec trompe soit son peuple, soit de nouveau ses partenaires européens”, a-t-il affirmé.

Ces déclarations visent à faire pression sur Angela Merkel en lui rappelant, qu’à l’instar d’Alexis Tsipras, elle aussi risque de devoir affronter une fronde au sein de son parti si elle se montre trop souple à l'égard de la Grèce. Car ce sont des concessions que les autres partenaires européens et créanciers attendent de la chancelière, notamment sur la question sensible du poids de la dette grecque. Emmanuel Macron, le ministre français de l’Économie, a jugé que la question de la “restructuration” de cette dette devrait se poser. La veille, Donald Tusk, le président polonais du Conseil européen, avait appelé les créanciers (comprendre l’Allemagne et certains pays du Nord) à faire un pas en direction de la Grèce sur cette épineuse question. L’ombre du FMI plane aussi au-dessus de la tête d’Angela Merkel. L’influente institution internationale soutient ouvertement le principe d’une restructuration.

Pas sûr que la chancelière apprécie d’être prise en tenaille entre son parti et certains de ses partenaires. Pour l’heure, elle ne s’est pas encore exprimée, attendant de voir comment la situation évolue… sur le plan intérieur et au niveau européen.

Mais même si la Grèce décroche un satisfécit de Berlin, la question ne sera pas définitivement réglée en Allemagne. Le nouveau plan d’aide va devoir être avalisé par le Bundestag dans les semaines qui viennent. Des députés qui risquent de vouloir satisfaire une opinion publique allemande très hostile à l’idée d'un prêt supplémentaire ou de concessions sur la question de la dette grecque.

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