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Nucléaire iranien : la date limite pour un accord repoussée à lundi

Le secrétaire d'État américain John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, le 2 avril 2015 à Lausanne.
Le secrétaire d'État américain John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, le 2 avril 2015 à Lausanne. Brendan Smialowski, AFP

Un accord sur le nucléaire iranien se fait toujours attendre alors que les négociations ont été une nouvelle fois repoussées à lundi. Les discussions achoppent sur la levée des restrictions sur les armes et l'inspection des sites militaires.

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Encore quelques heures, quelques jours, quelques mois ? Au quatorzième jour de pourparlers acharnés, les négociations sur le nucléaire iranien, qui devaient s'achever vendredi soir à Vienne, en Autriche, ont été, une fois de plus, prolongées jusqu'au lundi 13 juillet.

Il s'agit du troisième report de la date butoir en deux semaines de pourparlers à Vienne, où ont lieu les rencontres entre les diplomates iraniens et leurs homologues du groupe P5+1 (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne).

Les principaux acteurs de la négociation, l'Américain John Kerry et l'Iranien Mohammad Javad Zarif, se sont rencontrés dans la matinée du vendredi 10 juillet, après avoir l'un et l'autre laissé entendre, la veille, qu'un accord n'avait rien d'imminent.

"Vu que les travaux sont extrêmement techniques et les enjeux très, très élevés, on ne se précipitera pas et on ne se laissera pas précipiter vers un accord", a souligné jeudi John Kerry. Mohammad Javad Zarif a déploré de son côté des "demandes excessives" et même "des changements de positions" de l'autre camp.

François Géré, Président de l'Institut français d'analyse stratégique

"Il y a une volonté d'accord"

Ce dossier qui empoisonne les relations internationales depuis plus de douze ans.

>> À voir sur France 24 : "Reportage : En Iran, le monde des affaires attend avec impatience un accord sur le nucléaire"

Mais les négociations semblent marquer le pas et les ministres ont renoncé à tenter d'arracher dans la nuit de jeudi à vendredi un accord pour l'heure butoir du vendredi 10 juillet à 4 heures GMT, qui aurait permis un examen d'un texte par le Congrès américain avant les vacances parlementaires.

"On voit bien que de part et d’autre, il y a une volonté d’accord, mais pas à n’importe quel prix. Il faudra encore que des concessions soient faites, mais les différentes parties y sont-elles réellement prêtes ?", s’interroge Thierry Coville, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) et spécialiste de l’Iran, interviewé sur le plateau de France 24.

Le Français Laurent Fabius, revenu spécialement à Vienne jeudi, devait quitter la capitale autrichienne vendredi, avant un retour attendu dans la soirée, selon une source diplomatique.

Interrogé sur le rôle spécifique de la France pendant ces négociations, Thierry Coville a estimé que Paris aurait pu s’impliquer davantage : "Je pense que la France aurait pu davantage jouer un rôle de médiateur. On n’a vraiment pas joué le rôle de facilitateur de concessions, en raison notamment des liens commerciaux et stratégiques avec les monarchies du Golfe, et de nos liens stratégiques avec Israël".

Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif a assuré jeudi être prêt à rester à Vienne "aussi longtemps que nécessaire" pour parvenir à un accord. Mais John Kerry a souligné que les États-Unis ne resteraient pas "à la table de négociations pour toujours".

"Si les décisions difficiles ne sont pas prises, nous sommes tout à fait préparés à mettre fin au processus", a-t-il prévenu. Mais les responsables iraniens répondent en retour qu'il revient "aux Occidentaux de prendre les décisions nécessaires".

Plusieurs points irrésolus

L'accord est destiné à garantir la nature strictement pacifique du programme nucléaire iranien en échange d'une levée des sanctions internationales qui étouffent l'économie de ce pays.

En dépit des progrès accomplis, que toutes les délégations s'accordent à reconnaître, plusieurs points restent irrésolus.

Téhéran réclame notamment la levée des restrictions sur les armes et sur son programme balistique. Il s'agit d'une des mesures figurant parmi la série de sanctions adoptées depuis 2006 par le Conseil de sécurité de l'ONU, mais l'Iran argue que cet embargo n'a rien à voir avec le dossier nucléaire.

Moscou a apporté jeudi un soutien de poids aux demandes iraniennes en souhaitant la levée "dès que possible" de cet embargo, un des points de crispation de la négociation. Un responsable iranien a affirmé que la Chine soutenait également cette position.

"Énormes réticences des Occidentaux"

Les Occidentaux, tout en convenant que chaque pays peut avoir un programme militaire conventionnel, jugent toutefois qu'une levée de l'embargo sur les armes maintenant serait difficile à faire passer politiquement, en raison du contexte régional.

Autre principaux points de désaccord : le rythme de levée des sanctions, l'inspection des sites militaires iraniens et la durée de l'accord.

"Sur ces points, il y a d’énormes réticences de la part des Occidentaux", analyse Thierry Coville, qui souligne également l’importance de l’opinion publique iranienne dans les négociations : " Si les négociateurs donnaient l’impression de céder trop rapidement, ce serait mal perçu en Iran ; on est dans un équilibre compliqué entre la volonté de trouver un accord que tout le monde attend et la nécessité de ne pas donner l’impression de céder sur tout".

En pratique, trois scénarios s'offrent aux négociateurs si aucun accord n'intervient dans la journée : une nouvelle prolongation du round viennois, une déclaration d'échec - jugée peu probable par les observateurs en raison des enjeux et des efforts déployés - ou un report des pourparlers, une hypothèse longtemps taboue.

Avec AFP

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