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Nigeria : nouvel attentat à Maiduguri, le président limoge des chefs militaires

Le président nigerian Muhammadu Buhari a fait de la lutte contre Boko Haram une priorité.
Le président nigerian Muhammadu Buhari a fait de la lutte contre Boko Haram une priorité. Pius Utomi Ekpei, AFP archive

Alors qu’un nouvel attentat kamikaze a frappé lundi la ville de Maiduguri, fief historique de Boko Haram dans le nord du Nigeria, le président nigérian a limogé lundi les chefs de l’armée de terre, de la marine et de l’air.

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On ne compte plus les attentats dans le nord du Nigeria ces dernières semaines. Lundi midi encore, un kamikaze se faisait exploser à un poste de contrôle militaire en périphérie de la ville de Maiduguri, capitale de l’État de Borno, dans le nord-est du pays.

L’information a été rapportée à l’AFP par deux miliciens qui épaulent l'armée dans sa lutte contre les insurgés de Boko Haram. Babkura Kolo et Danlami Ajaokuta ont indiqué que l'attaque avait visé le point de contrôle de Jimtilo dans le sud de Maiduguri, et que l'explosion avait eu lieu à 12H10 (11H10 GMT). "Il y a des victimes mais nous devons en confirmer le nombre", a précisé M. Kolo.

570 morts pour le seul mois de juin

Depuis la prise de fonction du nouveau président nigérian Muhammadu Buhari, le 29 mai, quasiment pas une semaine ne se passe sans que le Nigeria soit frappé par des attentats-suicides qui ont fait, selon un décompte de l’AFP, pas moins de 570 morts pour le seul mois de juin.

>> À voir sur France 24 : "Vidéo : Boko Haram, fléau du Nigeria"

Fief historique de Boko Haram, Maiduguri est au cœur de ces violences. Samedi, deux kamikazes y avaient déclenché leurs explosifs aux abords d'une gare routière, faisant deux morts. Cet attentat avait été revendiqué dans la journée par Boko Haram, tout comme celui perpétré le même jour sur le marché central de la capitale tchadienne N’Djamena et qui a fait 15 morts.

Si l’attentat de lundi n’a pas encore été revendiqué, tout porte à croire que la responsabilité en incombe aux insurgés islamistes. Selon Danlami Ajaokuta, le kamikaze a déclenché ses explosifs au milieu d'un groupe de voyageurs.

Buhari sévit

Le président Buhari a pourtant promis de tout faire pour éradiquer la menace jihadiste. Ce lundi, il a une nouvelle fois affiché sa détermination en limogeant des hauts responsables de l’armée.

"Le président a relevé de leurs fonctions les chefs de service, dont les chefs de l'armée, de l'armée de l'air et de la marine", a précisé à l'AFP son porte-parole.

Le général Kenneth Minimah, à la tête de l'armée de terre, Adesola Amosu, patron de l'armée de l'air, et Usman Jibrin, qui dirigeait la marine, avaient tous été nommés par l'ancien président Goodluck Jonathan en janvier dernier.

Le chef d'état-major des armées, Alex Badeh, et le conseiller national pour les questions de sécurité, Sambo Dasuki, ont également été remplacés.

Selon un communiqué de la présidence publié peu après cette annonce, six nouveaux chefs ont été nommés dans la foulée : Abayomi Gabriel Olonishakin comme chef d'état-major, T.Y Buratai à la tête de l'armée de terre, Ibok-Ete Ekwe Ibas pour la marine, Sadique Abubakar pour l'armée de l'air, Monday Riku Morgan comme chef des services de renseignement de l'armée, et Babagana Monguno comme conseiller national à la sécurité.

Le président Muhammadu Buhari avait également décidé, sitôt après sa prise de fonction, de transférer le centre de commandement de l’armée dédié à la lutte contre Boko Haram de la capitale fédérale d’Abuja à Maiduguri. Une politique volontariste qui veut trancher avec celle de son prédécesseur, Goodluck Jonathan, lourdement critiqué pendant son mandat pour son incapacité à endiguer le fléau de Boko Haram. Le Nigeria est en effet confronté depuis six ans à l’insurrection islamiste qui a fait plus de 15 000 morts et un million et demi de personnes déplacées.

Entre inefficacité et excès de zèle, l’équilibre semble néanmoins dur à trouver. Dans un rapport paru un juin, Amnesty International reproche à l’armée nigériane de s’être livrée à des "crimes atroces" dans le cadre de sa lutte contre le groupe insurgé.

L’organisation, qui accuse les forces armées nigérianes d’avoir "une part de responsabilité dans la mort de plus de 8 000 personnes", appelait les autorités à enquêter sur la responsabilité de "hauts responsables militaires". Parmi les noms cités dans le rapport, ceux du chef de l'état-major de la Défense, le général Kenneth Minimah et du général de l’armée de l’air, Alex Badeh, qui viennent tous deux d’être limogés.

Avec AFP et REUTERS

 

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