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Nucléaire iranien : Kerry et Zarif, un duo atypique à l'origine d'un accord historique

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, et son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, le 30 mai à Genève.
Le secrétaire d'État américain, John Kerry, et son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, le 30 mai à Genève. Susan Walsh, AFP

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif ont joué un rôle décisif dans la conclusion de l'accord historique entre Téhéran et les grandes puissances.

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Ils n’ont pas grand-chose en commun, mais ils ont marqué ensemble l’histoire de leurs empreintes. La signature de l’accord historique entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, l’Allemagne (qui constituent le groupe 5+1) et l’Iran sur son programme nucléaire, n’aurait pu se faire sans le chef de la diplomatie américaine John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif.

Sans faire injure aux autres protagonistes des pourparlers, le ministre de la République islamique et l'ex-candidat démocrate à la présidentielle de 2004 ont joué un rôle décisif qui a contribué à ce succès diplomatique majeur.

Les coulisses de la négociation

"John" et "Javad"

Cette relation est née aux yeux du grand public à l'ONU en septembre 2013, où leur poignée de main historique a signé le début d’un dégel entre l’Iran et les États-Unis, deux pays ennemis depuis la prise d’otage à l’ambassade américaine de Téhéran en 1979. Au fil de plus de 21 mois de négociations acharnées pour solder douze ans de crise internationale, ils ont appris à se connaître au fil d'une cinquantaine de réunions et ne s'appellent plus que par leurs petits noms, "John" et "Javad".

Jovial, n'hésitant pas à plaisanter avec les journalistes, Mohammad Javad Zarif présente un profil particulier pour un haut dirigeant de la République islamique. Il a en effet étudié sur le sol américain et y a travaillé de nombreuses années comme diplomate aux Nations unies, y devenant ambassadeur entre 2002 et 2007. "Il a la capacité de vendre des politiques qui sont fondamentalement problématiques du point de vue américain d'une manière qui les rend totalement convaincantes et attrayantes", souligne l'analyste Suzanne Maloney de la Brookins Institution, cité par l’AFP.

Pour autant, "c'est une erreur de croire qu'il est plus américain qu'iranien", ajoute-elle. Malgré un doctorat en droit international passé aux États-Unis, Mohammad Javad Zarif "est un pur produit de la République islamique, et ce n'est pas un hasard s'il a réussi à acquérir une position de très haut niveau à un moment aussi crucial", rappelle Suzanne Maloney, qualifiant de "brillant" le chef de la diplomatie iranienne.

Ces années passées chez le "grand Satan", ont valu à Zarif d'être attaqué par les ultraconservateurs et d'être mis à l'écart par l'ex-président Mahmoud Ahmadinejad en 2007. Il doit son retour en grâce à la faveur de l'élection du président modéré Hassan Rohani en 2013, mais sa "diplomatie du sourire" reste contestée par les faucons de son pays, qui l'accusent d'avoir accordé trop de concessions à l'Occident et lui reprochent même de s'être affiché dans les rues de Genève avec son homologue américain.

Deux croyants au service de la diplomatie

De son côté, John Kerry, 71 ans, est sans doute le diplomate qui a eu le plus de contacts avec les Iraniens à l'exception de la sous-secrétaire d'État Wendy Sherman. Dès 2012, il a fait partie des diplomates qui ont négocié dans le plus grand secret avec l'Iran, à Oman, la possibilité d'ouvrir des négociations sur le nucléaire. Les deux hommes partagent un point commun : ils sont profondément croyants. Kerry le catholique et Zarif le chiite ont ainsi tous les deux ponctué les négociations viennoises par des visites à l'église et à la mosquée.

Après l’annonce de l’accord, John Kerry n'a d'ailleurs pas manqué d'exprimer mardi son "respect" pour celui qui a été son interlocuteur durant de si longs mois, qu'il a qualifié de "négociateur opiniâtre, compétent, patriote (et) cherchant toujours des solutions aux problèmes". Et d’ajouter : "Même si les discussions ont parfois été enflammées - et il sera d'accord avec moi -, nous avons ri à la fin de chaque réunion", a-t-il confié à la presse.

Mais si l’entente et la courtoisie règnent entre ces deux personnages, leur relation est restée essentiellement professionnelle, sans donner naissance à une amitié plus profonde. Fins diplomates et rusés, ils n’ignorent pas que la méfiance reste de mise entre leur pays respectifs. Nul ne peut effacer 35 ans d’animosité d’un trait de plume.

D'ailleurs, Washington et Téhéran ont encore une longue liste de désaccords sur une série de questions clés, dont le soutien de Téhéran au régime syrien, et à des groupes qualifiés par les États-Unis de terroristes et accusés de semer le trouble au Moyen-Orient.

Avec AFP

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