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Rwanda : le Parlement ouvre la voie à un troisième mandat du président Kagame

Élu en 2003 et 2010, le président rwandais, Paul Kagame, est soupçonné de vouloir se représenter en 2017.
Élu en 2003 et 2010, le président rwandais, Paul Kagame, est soupçonné de vouloir se représenter en 2017. Zacharias Abubeke, AFP

Le Parlement rwandais s'est dit favorable à un changement constitutionnel qui supprimerait la limitation de deux mandats présidentiels successifs. Une réforme que le camp de Paul Kagame, élu en 2003 et 2010, fait passer pour une volonté du peuple.

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Un nouveau pas a été franchi vers le maintien au pouvoir du président rwandais Paul Kagame au-delà de 2017. Sans grande surprise, mardi 14 juillet, sénateurs et députés se sont prononcés à l'unanimité, dans leurs chambres respectives, en faveur d'une réforme constitutionnelle qui ferait sauter le verrou des deux mandats autorisés dans la Loi fondamentale rwandaise. Des amendements devront cependant encore être votés, puis une nouvelle Constitution formellement soumise à référendum.

"Je veux remercier tous les membres du Parlement pour leur soutien aux souhaits du peuple", a lancé, à l'issue des votes, la présidente de l'institution, Donatilla Mukabalisa, promettant un "processus" rapide pour mettre en œuvre les changements.

Paul Kagame, élu en 2003 et 2010, mais dont le parti, le Front patriotique rwandais (FPR), est au pouvoir depuis la fin du génocide des Tutsi en 1994, présente ces débats autour d'une réforme constitutionnelle comme émanant d'une initiative populaire. En quelques semaines, plus de 3,7 millions de Rwandais, sur un corps électoral de quelque 6 millions, ont signé des pétitions demandant au Parlement de modifier l'article 101 de la Constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels successifs.

Recours juridique

Mais, dans un pays régulièrement épinglé pour ses atteintes à la liberté d'expression, nombre d'observateurs estiment que le pouvoir rwandais est en fait à la manœuvre pour permettre au chef de l'État de se maintenir à l'issue de son deuxième mandat. Comme dans de nombreux autres pays de la région, notamment aux Burundi et Ouganda voisins.

>> À voir sur France 24 : "Les pro-Kagame passent à l'offensive"

Outre les pétitions soutenant une modification constitutionnelle, deux autres - émanant de la petite formation d'opposition le Parti démocratique vert et d'un particulier - réclamaient à l'inverse que l'article 101 ne soit pas modifié, a rapporté le quotidien d'État "New Times".

Ces pétitions avaient cependant peu de chance d'aboutir : le Parti démocratique vert, qui a aussi déposé un recours devant la Cour suprême pour empêcher la révision constitutionnelle, est la seule formation politique à s'opposer à une réforme. La motion d'un simple particulier avait, elle, peu de chance de faire le poids face au plébiscite de près de 4 millions de Rwandais.

En juin, les États-Unis s’étaient dit opposés à un éventuel troisième mandat du chef de l’État rwandais. "Nous sommes engagés à soutenir une transition pacifique et démocratique en 2017 vers l'élection d'un nouveau dirigeant par le peuple rwandais", avait expliqué à l’AFP un responsable du département d'État.

Avec AFP et Reuters

 

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