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Afrique

Crise burundaise : le président ougandais obtient des deux camps la promesse d'un dialogue

© Isaac Kasamani, AFP | Le président ougandais Yoweri Museveni, le 2 août 2014, à Kampala (archives)

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 16/07/2015

Après 24 heures à Bujumbura, le président ougandais et médiateur dans la crise burundaise, Yoweri Museveni, a obtenu des deux camps l'engagement d'entamer des pourparlers. Jusqu'alors, les protagonistes avaient toujours refusé de dialoguer.

Médiateur dans la crise burundaise, le président de l'Ouganda, Yoweri Museveni, a passé le relais, mercredi 15 juillet, à son ministre de la Défense, après un séjour de 24 heures à Bujumbura où il a obtenu l'engagement des protagonistes à dialoguer.

Le chef de l'État ougandais, mandaté par les pays de la Communauté est-africaine (EAC) pour tenter de dénouer la crise née de la candidature du président burundais Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, a refusé de donner des détails sur les discussions entamées mardi soir à Bujumbura.

"Ce dont nous avons parlé entre nous n'est pas pour les journaux", a-t-il brièvement déclaré à l'issue des travaux. Tout juste a-t-il indiqué que "le parti au pouvoir au Burundi (CNDD-FDD), les partis d'opposition et la société civile s'étaient mis d'accord pour négocier intensément, sans interruption et promptement pour trouver un accord".

"Les gens ont causé et échangé franchement et c'est positif", a de son côté rapporté le principal conseiller en communication du président burundais, Willy Nyamitwe. Agathon Rwasa, principal adversaire politique du chef de l'État, a pour sa part estimé que "d'une façon globale [...] tout le monde est satisfait parce qu'il y a un déblocage", alors que "jusqu'à il y a quelque temps, tout dialogue semblait impossible".

Report ou pas report de la présidentielle ?

Aucun des protagonistes n’a toutefois précisé si la présidentielle, déjà repoussée au 21 juillet, allait faire l’objet d’un nouveau report. L'opposition le réclame mais le pouvoir s'y refuse, arguant d'un risque de vide institutionnel à l'expiration du mandat de Pierre Nkurunziza le 26 août.

"Nous sommes ouverts au dialogue mais cela doit se faire parallèlement au processus électoral. Un décret [...] fixe la date des élections et cela devra être respecté", a jugé Pascal Nyabenda, le président du CNDD-FDD. Et d’ajouter : "Nous en avons fini avec la question du troisième mandat".

Reste que les tensions restent vives à Bujumbura, la capitale burundaise. Selon le porte-parole adjoint de la police, Pierre Nkurikiye, dans la nuit de mardi à mercredi cinq grenades ont explosé dans la ville et plusieurs autres à sa périphérie.

La communauté internationale estime depuis des semaines que le climat d'intimidation et d'insécurité, ainsi que l'absence de pluralisme médiatique, ne permettent pas des élections crédibles. Mercredi, 17 ONG burundaises et étrangères ont estimé "insuffisant" le report de la présidentielle au 21 juillet, disant craindre que sa tenue ne "déclenche des violences majeures et conduise au déplacement de dizaines de milliers de civils supplémentaires".

La crise, entamée par des protestations fin avril, s’est intensifiée lors de l'officialisation de la candidature de l’actuel chef de l’État, le 8 mai. Les manifestations, dont la régularité quasi quotidienne n’a été interrompue que par une tentative de coup d’État le 13 mai, ont duré environ un mois et demi avant d’être finalement étouffées par une brutale répression policière. Elles ont laissé la place à une nouvelle phase de combats entre armée et rebelles. Plus de 80 personnes sont mortes au cours de ces affrontements.

Avec AFP

Première publication : 15/07/2015

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