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Le président ougandais tente une médiation de la dernière chance au Burundi

Le président ougandais Yoweri Museveni, le 13 mai 2015, lors d'un sommet consacré au Burundi organisé en Tanzanie.
Le président ougandais Yoweri Museveni, le 13 mai 2015, lors d'un sommet consacré au Burundi organisé en Tanzanie. Daniel Hayduk, AFP

À une semaine de l'élection présidentielle au Burundi, le président ougandais Yoweri Museveni a engagé une délicate médiation pour tenter de mettre fin à la crise que traverse le pays depuis plusieurs mois.

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Le compte a rebours est lancé. Une semaine avant la présidentielle au Burundi, le président ougandais Yoweri Museveni a entamé mardi 14 juillet une délicate médiation entre le pouvoir burundais et l’opposition, hostile à un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza. L'élection présidentielle doit se tenir le 21 juillet.

La médiation du doyen des dirigeants de la Communauté est-africaine (EAC) semblait mal engagée mercredi, les deux parties restant campées sur leurs positions. L’opposition, arc-boutée sur son refus d'un nouveau mandat de Pierre Nkurunziza, a rejeté l'idée d'un gouvernement d'union nationale. "Un gouvernement d'union nationale ne peut pas se faire sur la base d'élections législatives que nous avons contestées", a déclaré à l'AFP Charles Nditije, un responsable des opposants.

L’opposition, qui a boycotté les législatives et communales du 29 juin, juge une nouvelle candidature du président burundais anticonstitutionnelle et contraire à l’accord de paix d’Arusha, arraché en 2000, qui a permis de mettre fin à la longue guerre civile burundaise qui a fait plus de 300 000 morts entre 1993 et 2006.

Sous la pression internationale, les autorités burundaises ont accepté de reporter la présidentielle d'une semaine mais ont refusé d’aller au-delà, arguant d'un risque de vide institutionnel à l'expiration du mandat de Pierre Nkurunziza le 26 août.

Ce report a été jugé mardi soir "insuffisant" par un groupe de 17 ONG burundaises et étrangères, parmi lesquelles Reporters sans frontières, qui craignent que la tenue de la présidentielle à la date prévue ne "déclenche des violences majeures et conduise au déplacement de dizaines de milliers de civils supplémentaires".

Tirs dans la capitale burundaise

La crise, entamée par des protestations fin avril, s’est intensifiée lors de l'officialisation de la candidature de l’actuel chef de l’État, le 8 mai. Les manifestations, dont la régularité quasi quotidienne n’a été interrompue que par une tentative de coup d’État le 13 mai, ont duré environ un mois et demi avant d’être finalement étouffées par une brutale répression policière. Elles ont laissé la place à une nouvelle phase de combats entre armée et rebelles. Plus de 80 personnes sont mortes au cours de ces affrontements.

Depuis, le climat sécuritaire reste extrêmement tendu dans le pays. Dans la nuit de mardi et mercredi, des tirs et détonations ont résonné dans la capitale.

Selon le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye, cinq grenades ont explosé à Bujumbura et plusieurs autres dans la province de Bujumbura rural, au sud de la capitale.

"Tout ça, c'est pour impressionner le ‘faciliteur’ Museveni, ils veulent lui montrer qu'il y a de l'insécurité dans le pays, que le pays est déjà en pleine guerre civile, mais ce n'est pas vrai", a commenté sous couvert d'anonymat un autre responsable de la police.

La communauté internationale estime depuis des semaines que le climat actuel d'intimidation et d'insécurité, ainsi que l'absence de pluralisme médiatique (les radios privées n'émettent plus), ne permettent pas des élections crédibles.

Avec AFP

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