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L’armée, cible récurrente d’actions jihadistes en France

Des militaires français en patrouille devant la tour Eiffel, à Paris.
Des militaires français en patrouille devant la tour Eiffel, à Paris. Joël Saget, AFP (archives)

Le projet d’attentat contre une installation militaire dans les Pyrénées-Orientales rappelle que les membres de l'armée française constituent l'une des cibles privilégiées des jihadistes. Explication.

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La garde à vue de trois hommes soupçonnés d’avoir projeté l’attaque d’une installation militaire dans les Pyrénées-Orientales s’est achevée vendredi 17 juillet. Dans la matinée, le procureur avait requis leur placement en détention, indiquant notamment qu’un jihadiste de l’organisation de l'État islamique (EI) avait demandé à l’un des suspects de "frapper" en France. Les trois jeunes hommes doivent être entendus par plusieurs juges qui statueront sur leur mise en détention provisoire. 

L’un des terroristes présumé, Djebril A., 23 ans, avait occupé un poste de sémaphore (matelot de la Marine nationale) à Fort Béar à Port-Vendres, cible de l’opération. L'attaque, envisagée semble-t-il entre la fin décembre 2015 et le début 2016, visait, selon les éléments recueillis, à décapiter au nom du jihad un sous-officier de cette toute petite unité, rattachée au Centre national d'entraînement commando, qui intervient dans la formation des militaires aux conflits urbains.

Attaques répétées en France

Ces dernières années, les actions au nom du jihad, comme les attentats de Paris en janvier 2015, se sont multipliées en France, Depuis 2012, les militaires français sont devenus, au sein des frontières de l’Hexagone, les cibles de jeunes radicalisés agissant au nom du jihad :

- Mohamed Merah avait assassiné trois militaires et en avait très grièvement blessé un, en mars 2012.

- Des membres de la cellule dite de Cannes-Torcy, démantelée quelques mois plus tard, projetaient d'attaquer des soldats.

- Plusieurs militaires déployés dans le cadre de l'opération Vigipirate ont été agressés. En mai 2013, un soldat avait été grièvement blessé à l’arme blanche dans la station RER de La Défense ; début février 2015, trois militaires en faction devant un centre juif de Nice avaient été agressés au couteau, un mois après les attentats de Paris.

Opérations en terres de jihad

"L’armée française a toujours été une cible, car elle est engagée depuis plusieurs années sur des territoires de jihad : au Sahel, en Afghanistan ou en Somalie", explique Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste des mouvements jihadistes. "C’est de plus en plus le cas car elle est engagée en Irak au sein de la coalition menée par les Américains contre l’EI".

Par ailleurs, "la France est aussi devenue le porte-étendard de la laïcité", analyse Wassim Nasr. La laïcité, qui fait de la France une cible symbolique pour les jihadistes.

Pour ces raisons, le pays se retrouve de plus en plus cité dans les vidéos et les communiqués des organisations terroristes, notamment Al-Qaïda ou l’EI. Un intérêt qui va croissant avec la présence de 500 Français dans les rangs jihadistes en Irak et en Syrie, parmi lesquels des anciens militaires.

Des attaques récurrentes mais de faible intensité

Néanmoins, aucune opération de grande envergure n’a été recensée. Les attaques terroristes ne sont pas le fait de groupes très entraînés. Et lorsqu’elles ont visé des militaires, ceux-ci étaient isolés au moment des faits.

Mais le but d’une action terroriste – qui est d’établir un climat de méfiance, d’insécurité au sein des populations – semble atteint : plus de 7 000 militaires français sont encore aujourd’hui déployés sur le territoire national. Ainsi, le 14 juillet dernier, pendant que 3 500 hommes défilaient sur les Champs-Élysées, 4 000 autres assuraient la sécurité dans la capitale.

Reste que sur le long terme, cette configuration sur le "théâtre intérieur" est difficilement tenable. "L’armée a les plus grandes difficultés à assurer l’opération Sentinelle car son effectif ne le permet pas", explique Matthieu Mabin, spécialiste des questions de défense à France 24. Il ne sera mathématiquement pas possible de dégager des effectifs supplémentaires pour protéger des militaires en faction.

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