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Crise grecque : feu vert du Bundestag en vue du plan d'aide de l'UE

Angela Merkel devant le Bundestag, le 17 juillet 2015.
Angela Merkel devant le Bundestag, le 17 juillet 2015. John Mac Dougall, AFP

Les élus du Bundestag ont autorisé, vendredi, le gouvernement d'Angela Merkel à négocier un troisième plan d'aide à la Grèce, après l'accord conclu lundi entre Athènes et ses créanciers.

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Les députés du Bundestag ont accordé vendredi 17 juillet le mandat que la chancelière avait sollicité après l'accord conclu le 13 juillet entre la Grèce et ses créanciers, a précisé le président du Bundestag. 439 députés ont voté pour, 119 contre, et 40 se sont abstenus.

Lors de son intervention devant le Parlement, dans la matinée, Angela Merkel avait mis en garde les élus contre le "chaos" que n'aurait pas manqué de provoquer, selon elle, un vote négatif.

Le nombre de partisans du "non" a néanmoins été près de deux fois supérieur à celui que pressentaient les médias allemands, ce qui représente un échec personnel pour la chancelière. En février dernier, seuls 32 députés allemands s'étaient opposés à l'octroi d'un deuxième plan d'aide à la Grèce.

La chancelière et son ministre des Finances Wolfgang Schäuble doivent en effet faire face à de plus en plus de grogne dans leur camp conservateur, où beaucoup se montrent réticents à soutenir de nouveau la Grèce.

Jeudi, la chancelière s'était dite "absolument convaincue" que le gouvernement devait emprunter le chemin des négociations. En revanche, pour l'Allemagne, la question d'une réduction de la dette de la Grèce, qui atteint 180 % du PIB, reste particulièrement sensible.

"Non" à l'effacement de la dette, répète Berlin

C’est un peu la pierre d’achoppement du dossier grec : le FMI, qui a récemment jugé la dette grecque "totalement non-viable", a exhorté les Européens à l'alléger massivement par un rééchelonnement ou un effacement partiel, une option âprement combattue par l'Allemagne. "Un véritable effacement de la dette est incompatible avec le fait d'appartenir à l'union monétaire", a réaffirmé jeudi Wolfang Schäuble.

Dans la foulée du vote dans la nuit de mercredi à jeudi du Parlement grec, qui a mis sur les rails des réformes en tant que gage de bonne volonté et au prix de fortes tensions politiques, Athènes a reçu le soutien appuyé du président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, pour trouver un moyen d'alléger sa dette, une nécessité "indiscutable".

>> À (re)lire sur France 24 : "La BCE en faveur d'un allègement de la dette gecque"

Dans la soirée de jeudi, le gouvernement grec a annoncé la réouverture dès lundi des banques, fermées depuis le 29 juin. Toutefois, selon le ministre adjoint des Finances grec, Dimitris Mardas, les retraits resteront limités à 60 euros par jour, alors que toutes les autres opérations pourront de nouveau avoir lieu.

80 milliards d'euros d'aide

Le Parlement grec a entériné quatre réformes, dont une hausse de la TVA, conformément aux exigences des créanciers, mais au prix de beaucoup de défections dans les rangs de la formation de gauche radicale Syriza du Premier ministre, Alexis Tsipras.

>> À lire sur France 24 : "Le Parlement grec se plie aux exigences des créanciers"

Satisfaits, les ministres des Finances de la zone euro ont donné leur aval à l'ouverture de négociations officielles pour un troisième plan d'aide de plus de 80 milliards d'euros, dont le principe avait été approuvé lundi. Une véritable bouffée d’oxygène pour Athènes.

Le Parlement grec doit voter la semaine prochaine d'autres réformes promises. Il subsiste néanmoins "des interrogations sur la volonté et la capacité [du gouvernement grec] à mettre en œuvre [les réformes promises]", a déclaré Mario Draghi. Le président de la BCE s’inquiète de la bonne volonté du gouvernement Tsipras, fragilisé par la perte de sa majorité parlementaire.

"Moment crucial"

Mais Alexis Tsipras a critiqué les dissidents au sein de son parti de gauche radicale Syriza. "Le choix des 32 députés du groupe parlementaire [Syriza] est en contradiction avec les principes de camaraderie et de solidarité dans un moment crucial", et le parti en sort "meurtri", a annoncé le Premier ministre au cours d'une réunion gouvernementale, des propos cités par une source gouvernementale.

Les Parlements finlandais et français ont déjà approuvé cette semaine l'ouverture de négociations sur un nouveau plan d'aide à la Grèce. Cinq autres parlements nationaux de la zone euro vont devoir eux aussi se prononcer dans les prochains jours : Autriche, Estonie, Lettonie, Slovaquie et Espagne.

Pour qu'un plan d'aide soit validé, il faut qu'il soit approuvé par 85 % des pays qui composent le capital du mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds d'urgence de la zone euro. Un capital alimenté par les États en fonction de leurs richesses. L'Allemagne contribue à 27 %, la France à 20 %, l'Italie à près de 18 % des parts. Les statuts du MES confèrent un pouvoir de veto à ces trois pays qui contribuent à plus de 15 % à son capital.

Avec AFP et Reuters

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Le Parlement suédois autorise à son tour le prêt d'urgence

Le Parlement de la Suède a donné son feu vert, vendredi 17 juillet, à un prêt d'urgence de l'Union européenne à la Grèce, a-t-on appris auprès du ministère des Finances qui l'avait consulté.

Selon l'agence de presse TT, au sein de la commission les deux partis de gouvernement, sociaux-démocrates et Verts, et les quatre de l'opposition de centre-droit ont voté pour, tandis que le Parti de gauche et les Démocrates de Suède ont voté contre.

Jeudi, les deux autres pays nordiques membres de l'UE, la Finlande et le Danemark, avaient aussi donné leur feu vert, le premier en passant par le Parlement, le second par décision du ministère des Finances qui n'avait pas besoin de l'accord du législateur.

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