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VIH : Premier cas de rémission pour une jeune Française infectée à la naissance

La façade de l'Institut Pasteur à Paris, en novembre 2008.
La façade de l'Institut Pasteur à Paris, en novembre 2008. Lionel Bonaventure, AFP

L'Institut Pasteur a annoncé lundi le premier cas de rémission prolongé chez une jeune fille de 18 ans ayant été infectée par le virus du sida à la naissance. Cette Française ne prend plus de traitement antirétroviral depuis 12 ans.

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C’est une première mondiale pour l’Institut Pasteur. La fondation française de recherche médicale a présenté lundi 20 juillet, lors d’une conférence à Vancouver, le cas d’une jeune Française infectée à la naissance par le VIH et qui vit sans traitement depuis 12 ans.

"Un travail français apporte pour la première fois la démonstration qu’une rémission prolongée de l’infection par le VIH peut être obtenue chez un enfant infecté lors de la période périnatale après arrêt d'un traitement antirétroviral instauré au cours des premiers mois de la vie", a résumé le Dr Asier Sáez-Cirión de l’Institut Pasteur dans un communiqué.

Comme le précise le centre de recherche, cette jeune femme de 18 ans, dont le nom n’a pas été communiqué, a été "infectée en fin de grossesse ou à l'accouchement alors que sa mère avait une charge virale (quantité de virus présents dans le sang) non contrôlée". L'enfant a été immédiatement traité par l'antirétroviral zidovudine pendant six semaines et diagnostiquée porteuse du VIH "un mois après sa naissance".

Alors qu’elle présentait une charge virale très élevée deux mois plus tard, la petite fille a subi un traitement associant quatre antirétroviraux pendant presque six ans. "Elle a alors été perdue de vue et sa famille a décidé d’interrompre la prise des antirétroviraux. Revue un an plus tard par son équipe médicale, elle avait une charge virale indétectable", peut-on également lire dans le communiqué de l’Institut Pasteur. "Ses médecins ont dès lors décidé de ne pas reprendre le traitement", ajoute le texte.

Une rémission à long terme possible chez l'enfant

Douze ans plus tard, les chercheurs ont pu constater que cette jeune femme "présente toujours une charge virale indétectable (...) sans avoir jamais repris d'antirétroviraux".
Selon le Dr Asier Sáez-Cirión, elle "ne présente aucun des facteurs génétiques connus pour être associés à un contrôle naturel de l'infection". D’après ce scientifique, "c'est le fait d'avoir reçu très tôt après sa contamination une combinaison d'antirétroviraux qui lui permet d'être en rémission virologique depuis aussi longtemps".

L'étude conclut ainsi "qu'une rémission à long terme est, comme chez l'adulte, possible chez l'enfant". Le Dr Sáez-Cirión recommande toutefois de ne pas stopper un traitement antirétroviral en dehors d'essais cliniques, que ce soit chez l'enfant ou chez l'adulte. L’Institut Pasteur tient à souligner que cette rémission ne doit pas être "assimilée à une guérison".

"Cette jeune femme reste infectée par le VIH et il est impossible de prédire l’évolution de son état de santé", insiste Jean-François Delfraissy, directeur de l'ANRS, le groupement de chercheurs de toutes disciplines sur le sida et les hépatites virales. Et d'ajouter : "Son cas constitue néanmoins un argument fort supplémentaire en faveur d’une mise sous traitement antirétroviral de tous les enfants nés de mères séropositives le plus tôt possible après la naissance."

Avec AFP

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