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Présidence de la Fifa : le moment ou jamais pour Michel Platini

Michel Platini, lors du Congrès de la Fifa, le 11 juin 2014 à Sao Paulo.
Michel Platini, lors du Congrès de la Fifa, le 11 juin 2014 à Sao Paulo. Fabrice Coffrini, AFP

L'élection du successeur de Sepp Blatter à la présidence de la Fifa a été fixée au 26 février prochain. Le Français Michel Platini devrait clarifier sa candidature dans les prochaines semaines. L'ancien capitaine des Bleus fait figure de favori.

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C’est désormais officiel. Sepp Blatter va tirer sa révérence le 26 février prochain au terme d’un congrès extraordinaire de la Fifa. Affaibli par le récent scandale de corruption autour de l’attribution des Mondiaux 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar, l’homme fort du football mondial ne terminera pas son mandat, entamé en mai dernier.

Pour lui succéder, un nom revient sur toutes les lèvres, celui du vice-président de la Fifa et actuel président de l’UEFA : Michel Platini. Alors qu’il avait renoncé à se porter candidat lors de la dernière élection, l’ancien capitaine des Bleus devrait cette fois-ci se lancer dans la course. Selon une source proche de l’ex numéro 10 interrogée par l’AFP, l’annonce pourrait être faite dans les prochains jours : "Il sait qu'il doit prendre une décision rapidement pour fermer la porte à d'autres éventuels challengers. Il prendra sa décision dans les deux prochaines semaines."

Un avis partagé par Jean-Philippe Leclaire, auteur de la biographie "Platini, le roman d'un joueur". "Il peut y avoir une surprise de dernière minute, mais c’est quand même cousu de fil blanc depuis le début. S’il ne se présente pas, on peut dire qu’il ne se présentera jamais", explique-t-il à France 24. Selon plusieurs observateurs, la voie semble libre pour le président de l’UEFA. Il aurait déjà reçu le soutien de quatre des six confédérations régionales de football, à l’exception de l'Afrique et de l'Océanie. Des gages de confiance qui pourraient l'inciter aujourd’hui à se porter candidat. "C'est une phrase qu’il a toujours répétée tout au long de sa carrière politique : ‘J’y vais si je suis sûr de gagner’", estime Jean-Philippe Leclaire.

Une expérience politique

Car l’ancienne star de Saint-Étienne et de la Juventus Turin est devenue au fil des années un véritable animal politique. En 2007, il avait réussi le tour de force de se faire élire à la tête de l'UEFA face au président sortant Lennart Johansson. Et contrairement à d’autres ex-grands joueurs qui pourraient également candidater, Michel Platini a déjà étudié les rouages du système. "Il a l’aura d’un Zico ou d’un Maradona, mais il a aussi une expérience politique que les autres n’ont pas. Il est président de l’UEFA et il connaît la Fifa. C’est là qu’il a commencé en 1998 en appuyant la candidature de Blatter et en devenant son conseiller", décrit Jean-Philippe Leclaire.

D’après ce dernier, Michel Platini pourra s’appuyer durant sa campagne sur un bilan "plutôt positif" à la tête de la fédération européenne. Au nombre de ses réformes, on compte le fair-play financier, l’augmentation de nombre de pays pour la phase finale de l’Euro, la dissolution du G14, l’ancienne organisation de lobbying des clubs de football professionnels les plus puissants, ou encore l’ouverture des coupes européennes à des clubs de "petits pays".

Autre point fort pour Platini : il semble pour l’instant être le seul candidat crédible à la succession de Sepp Blatter. "En face c’est de lui, c’est le vide. Qui pourrait se présenter contre lui et qui pourrait l’emporter ?", met en avant Jean-Philippe Leclaire. À l’heure actuelle, l'ancien milieu de terrain brésilien Zico est en effet l’unique candidat à s’être officiellement fait connaître, mais il n’a pas le même bagage dans les instances internationales.

Le prince jordanien Ali, que Michel Platini avait soutenu lors de la dernière élection face à Blatter, serait également prêt à faire une nouvelle tentative selon ses proches, malgré son échec en mai dernier. "On a du mal à les imaginer l’un contre l’autre, estime toutefois le biographe. On imagine plutôt une sorte d’arrangement entre les deux. Platini pourrait garantir au Prince Ali un poste important à la Fifa en échange de son soutien."

"C’est mon destin, mais cela me fait chier"

Mais si l'ex-meneur de l’équipe de France décide se lancer dans la course, cela ne veut pas dire que sa campagne sera un long fleuve tranquille. Alors que la Fifa est toujours en pleine tourmente judiciaire à cause du scandale de corruption, ses adversaires ne manqueront pas de lui rappeler son vote en faveur du Qatar lors de l’attribution controversée du Mondial-2022 et son déjeuner, quelques jours avant ce choix, avec le président Nicolas Sarkozy et l’émir de ce pays.

La position de son fils Laurent, à la tête de l'équipementier sportif qatari Burrda Sport, a également suscité des soupçons de conflit d'intérêts. Ces casseroles ne devraient néanmoins pas freiner pour autant sa candidature, selon Jean-Philippe Leclaire. Pour lui, Platini n'est pas un homme motivé par l’appât du gain : "Le vote pour le Qatar est embarrassant, mais cela ne le met pas hors-jeu. Il a assumé ce vote. Je n’imagine pas une seconde Platini aller négocier son vote pour une certaine somme ou pour faire embaucher son fils. Il n’y a pour l’instant aucune preuve."

La grande inconnue reste finalement la réelle motivation de l’homme. La légende du football a un boulevard devant lui, mais a-t-il vraiment envie de reprendre le flambeau ? "Il y a une phrase qu’il répète souvent à ses proches sur la Fifa : ‘C’est mon destin, mais cela me fait chier’", résume Jean-Philippe Leclaire. Alors qu’il vient tout juste de fêter ses 60 ans, Michel Platini se plaît à la tête de l’UEFA et ne cesse de clamer son amour pour la fédération européenne. Il aurait sans doute préféré attendre encore un peu avant de succéder à Sepp Blatter : "Mais au vu des circonstances, il n’a plus vraiment le choix. Ne pas se présenter serait quand même vécu comme une dérobade."
 

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