Accéder au contenu principal

En images : les républicains montrent les crocs en vue de la primaire américaine

Meeting en soutien à la candidature du magnat de l'immobilier Donald Trump, le 11 juillet 2015 à Phoenix.
Meeting en soutien à la candidature du magnat de l'immobilier Donald Trump, le 11 juillet 2015 à Phoenix. Charlie Leight, Getty Images/AFP

À six mois du début des primaires pour la Maison Blanche, le nombre de candidats à l’investiture républicaine atteint un record. Entre déclarations chocs et coups bas, cette "invisible primaire" promet d’être particulièrement animée.

PUBLICITÉ

Le caucus de l’Iowa, la première des étapes qui permettront de désigner les deux candidats finalistes - républicain et démocrate - à l’élection présidentielle américaine de 2016, est dans six mois seulement. Pourtant, la compétition est déjà acharnée dans la course à la primaire républicaine : les candidats savent que le temps leur est compté pour s’imposer dans les médias, se faire un nom, une réputation, lever des fonds et sécuriser leurs soutiens.

La "primaire invisible" - telle qu’on désigne aux États-Unis cette période de pré-campagne allant de la première candidature à la première désignation - est  traditionnellement tumultueuse. Mais cette fois, entre le nombre record de candidats et leur virulence, la compétition promet d’être sanglante. Ils sont désormais 16 républicains dans la course depuis l’entrée en lice, le 21 juillet, du gouverneur de l’Ohio, John Kasich, un record pour une primaire dans l’histoire des États-Unis.

Les candidats républicains en images
{{ scope.counterText }}
{{ scope.legend }}© {{ scope.credits }}

Une opportunité "historique" de remporter la Maison Blanche

La liste des candidats compte désormais pas moins de quatre sénateurs, quatre gouverneurs, quatre anciens gouverneurs, un ex-sénateur. Mais également trois profils atypiques, ou du moins non issus du sérail de la politique : l’ancienne PDG de Hewlett-Packard Carly Fiorina, le neurochirurgien à la retraite Ben Carson et le magnat de l'immobilier et des médias, Donald Trump, actuellement en tête des sondages.

"Les candidats républicains sont aussi nombreux parce qu’ils y voient une formidable opportunité de remporter la Maison Blanche en 2016 et d’un point de vue historique, ils n’ont pas tort", analyse Lara Brown, docteur en sciences politiques à l’université George Washington, à Washington DC. "Les républicains étaient au plus bas en 2008 quand le président Obama a créé sa très large coalition, puis ils ont regagné des voix en 2012. Ils pensent que les démocrates sont, eux, sur la pente descendante cette fois", poursuit-elle.

La compétition va réduire progressivement le champ des candidats, mais selon Lara Brown, le financement des campagnes via les "Super-Pac" – "Super Political Action Committees" (Comités d'action politique) qui alimentent à coups de dollars les candidats – et la levée de fonds en ligne vont permettre aux candidats de se maintenir dans la course plus longtemps. Peu de désistements sont ainsi attendus avant les scrutins dans les États de l’Iowa et du New Hampshire, en février 2016.

Frapper là où ça fait mal

Les candidats se confronteront sur Fox News le 6 août et sur CNN le 16 septembre. Mais les deux chaînes ont déjà annoncé que seuls les 10 candidats en tête des sondages participeront au débat. La dernière enquête d'opinion au niveau national, publiée lundi 20 juillet par le "Washington Post" et ABC, place Donald Trump en tête des intentions de vote chez les électeurs républicains potentiels avec 24 %. Les 15 autres candidats républicains déclarés sont distancés, Scott Walker (13 %) et Jeb Bush (12 %) étant les mieux représentés.

Mais selon Michael Barone, chercheur associé à l’American Enterprise Institute, ces résultats – à six mois du début des scrutins – ne sont qu’un feu de paille électoral, en rien décisifs pour la suite des événements. "Quand un candidat gagne en exposition médiatique, il a tendance à monter dans les sondages, mais la plupart du temps cela ne dure pas", explique-t-il à France 24, notant qu’en prenant "en compte les marges d’erreur, les sondages ne montrent pas vraiment de différence".

Donald Trump a pris la tête du peloton en écrasant l’espace médiatique, à coup de déclarations fracassantes, arrosées de mépris à l’égard de ses adversaires. Après avoir déclaré que les clandestins mexicains apportaient drogue, délinquance et viols aux États-Unis, il n’a pas hésité à s’attaquer à son adversaire Lindsey Graham, qu'il a traité de "poids plume total" lors d'un discours en Caroline du Sud, mardi 21 juillet. Et, brisant toutes les conventions, il a révélé le numéro de portable personnel du sénateur, encourageant les spectateurs à l'appeler.

>> À lire sur France 24 : "Donald Trump affirme que John McCain n'est "pas un héros" et provoque l'indignation"

Cette stratégie outrancière de dénigrement de l'adversaire ne surprend pas Lara Brown : "Les candidats sont d’accord à 90 - 95 % sur leur programme politique. Il n’y a que leur personnalité ou leur image pour les distinguer. Pendant les primaires, les candidats ont donc une tendance naturelle à être méchants et à frapper là où ça fait mal." Il semblerait que Donald Trump soit maître du genre, mais le retour de bâton se fait déjà attendre. "Des candidats ne vont pas hésiter à pointer du doigt qu’il a été marié trois fois. Les républicains sont en train de choisir celui qui va les représenter. Les primaires ont donc une dimension très personnelle", ajoute-t-elle.

Un jeu stratégique

Certains observateurs notent néanmoins que les divergences politiques ne sont pas absentes du débat, et qu’elles sont mêmes indispensables. "Les candidats cherchent à se différencier sur un certain nombre de sujets comme les impôts, l’éducation, la politique extérieure et les finances", explique Nicole Kaeding, analyste financière du Cato Institute.

Les candidats ne peuvent s’en tenir aux coups bas et devront s’atteler, à un moment ou à un autre, au détail de leur programme. "Ils vont par exemple devoir expliquer ce qu’ils feront de l’assurance-maladie et comment ils envisagent de la changer", insiste Michael Barone. Il fait référence aux principales dispositions fiscales du Patient Protection and Affordable Care Act, la loi dite "ACA" ou "Obama Care" sur l’assurance maladie votée en 2010 et validée le 25 juin dernier par la Cour suprême des États-Unis. Le chercheur estime que les candidats devront également se différencier sur leur programme économique et présenter de plans de croissance allant au-delà "des simples promesses de baisses d’impôts."

Par ailleurs, Lara Brown note qu’il existe des différences significatives entre les candidats sur des questions sociétales comme l’immigration ou le mariage gay, des sujets clivants qui vont donc être évités le plus longtemps possible. En juin, la Cour suprême américaine a légalisé le mariage homosexuel sur l’ensemble du territoire, une mesure qui a fortement déplu aux conservateurs mais qui a reçu le soutien d’une majorité d’Américains. Chaque républicain devra donc se distinguer de la foule de candidats, sans froisser les conservateurs mais sans non plus rebuter les plus modérés, dont ils auront probablement besoin pour battre le candidat démocrate en 2016. Une gageure.

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.