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Burundi : le président Nkurunziza réélu pour un troisième mandat

Arrivée de Pierre Nkurunziza en voiture à Bujumbura le 1er juillet 2015.
Arrivée de Pierre Nkurunziza en voiture à Bujumbura le 1er juillet 2015. Marco Longari, AFP

Le président burundais Pierre Nkurunziza a été réélu pour un troisième mandat vendredi, en obtenant plus de 69 % des voix dès le premier tour. Le pays traverse une grave crise politique depuis l'annonce de sa candidature en avril.

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Sans surprise, le président sortant Pierre Nkurunziza a été proclamé vendredi 24 juillet vainqueur de l'élection présidentielle au Burundi par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

>> À lire sur France 24 : "On assiste à la montée d'une résistance armée au Burundi"

Pierre Nkurunziza, élu en 2005 et déjà réélu en 2010, a obtenu dès le premier tour 69,41 % des suffrages exprimés lors du scrutin qui s'est déroulé mardi au Burundi, selon les résultats proclamés par le président de la commission électorale, Pierre-Claver Ndayicariye.

Les opposants au président ont boycotté l’élection, jugeant qu’un troisième mandat consécutif n’était pas conforme à la Constitution. Selon l'opposition, l'accord de paix de 2005, qui a mis fin à douze ans de conflit entre Tutsis et Hutus, ne prévoyait pas la possibilité d'un troisième mandat présidentiel.

Un gouvernement d'union nationale ?

L'annonce au printemps de la candidature du chef de l'État a déclenché des manifestations et des violences qui ont fait plusieurs dizaines de morts et provoqué en mai une tentative de coup d'État qui a été déjouée.

Plus de 175 000 habitants du Burundi ont fui ces derniers mois dans les pays voisins et les Nations unies ont averti qu'un demi-million d'habitants pourraient finir par quitter le pays si la crise devait persister.

Les dirigeants des États voisins et les ambassades occidentales redoutent que le Burundi replonge dans la guerre civile si les tensions actuelles ne sont pas résolues.

Mercredi, le conseiller du président Willy Nyamitwe a déclaré que Pierre Nkurunziza n'était pas opposé à la formation d'un gouvernement d'union nationale en cas de réélection.

Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale à l'International Crisis Group,reste circonspect. Pour lui, ce gouvernement d'union nationale "repose sur un malentendu" : "Certains parlent d'un gouvernement d’union nationale qui serait un gouvernement de transition pour réorganiser de nouvelles élections dans de meilleures conditions tandis que, du coté du président Nkurunziza, on parle d’un gouvernement d’union nationale qui ne remettrai pas en cause son élection".

ITW VIRCOULON JOURNAL

"De véritables négociations"

Pascal Nyabenda, président du CNDD-FDD, le parti du chef de l'État, s'est dit "très content du résultat". Les élections ont été "libres, transparentes et se sont déroulées dans la sécurité" et "la paix", a-t-il affirmé.

Il a invité l'opposition au dialogue, mais exclu qu'y soient discutées l'organisation de nouvelles élections ou la légitimité du troisième mandat.

L'opposition ne dira "jamais qu'il y a eu des élections crédibles. Nous n'acceptons pas les résultats et les institutions qui en seront issues", a réagi l'un de ses dirigeants, Jean Minani, crédité de 1,36 % des voix, malgré le retrait de sa candidature.

"Nous appelons la communauté internationale à ne pas reconnaître ces résultats et à continuer à faire pression pour qu'il y ait de véritables négociations" en vue de nouvelles élections, a-t-il lancé.

Avec AFP et Reuters

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