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Le voyage bucolique de parlementaires français en "Crimée russe"

Le député Thierry Mariani a rencontré le président du Parlement de Crimée Vladimir Konstantinov, le 23 juillet 2015.
Le député Thierry Mariani a rencontré le président du Parlement de Crimée Vladimir Konstantinov, le 23 juillet 2015. Max Vetrov, AFP

Russophile et fan de Vladimir Poutine, le groupe de parlementaires français en voyage en "Crimée russe" agace Paris. Depuis la Crimée les élus de droite ont défendu jeudi l’annexion par la Russie et posté des photos touristiques de la péninsule.

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"La mer Noire bleue comme la Méditerranée couverte par le chant des cigales". Visiblement, le penchant bucolique du député Yves Pozzo di Borgo a trouvé sa terre d’inspiration : "la Crimée russe". Invité avec une dizaine d’autres parlementaires en Crimée par l’ONG russe Forum pour la paix, l’élu Les Républicains n’a de cesse, depuis son arrivée mercredi 22 juillet, de vanter avec force photos la beauté et la douceur de vivre de la province, annexée par la Russie en mars 2014.

La petite dizaine de députés français qui participent à ce voyage très médiatisé se sont entretenus jeudi avec le président de la Douma, Sergueï Narychkine, se plaçant à contre courant de la politique menée par le quai d’Orsay.

La plupart sont issus des rangs du parti Les Républicains (LR). Parmi eux, Patrice Verchère, Jacques Myard, Claude Goasguen, Sauveur Gandolfi-Scheit et Marie-Christine Dalloz, le député radical Jérôme Lambert.

Thierry Mariani, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, est aussi du voyage. "Élus du peuple, nous exprimons notre conviction, à savoir que couper tout contact avec la Russie est une énorme erreur", avait-t-il martelé à la veille de son déplacement, devançant les critiques.

"Une honte pour le Parlement français"

Membre actif de l’association "Dialogue franco-russe", qu’il copréside avec Vladimir Iakounine, patron des chemins de fer russes et proche de Vladimir Poutine, Thierry Mariani a défendu jeudi l’annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014. S'adressant au président du Parlement de Crimée Vladimir Konstantinov, le député des Français de l'étranger l'a félicité pour l'organisation du référendum ayant précédé cette décision politique. L’homme politique français estime qu’elle aurait permis à la péninsule d'éviter de "tristes événements".

"C’est une honte pour le Parlement français", a réagi vendredi 24 juillet Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. "Quand on est parlementaire français, on porte quelque chose, on ne fait pas n'importe quoi. Au regard du droit international et des positions de notre pays, ils ont fait n'importe quoi".

"Je regrette que ces parlementaires financés par une association russe se soient rendus en Crimée. Je note qu'il n'y a aucun député socialiste dans cette délégation et je m'en félicite", a-t-il poursuivi sur France Info. Bruno Le Roux figure parmi 89 personnalités européennes auxquelles la Russie a décidé d'interdire l'accès à son territoire en riposte aux sanctions européennes. Une mesure qui avait entraîné l'annulation d'une visite de députés français prévue le 18 juin à Moscou, à l’initiative du président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone.

Mercredi, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius s’était lui aussi dit "choqué" par ce projet de déplacement dans la péninsule annexée par Moscou, en "violation du droit international".

Le tropisme russophile de la droite française

Paris s’est d’autant plus offusquée de ces déplacement qu’il ne s’agit pas d’un coup d’essai : l’un de ces parlementaires, Jacques Myard, s’était également rendu en Syrie, pays ami de Moscou, à la fin février provoquant là aussi l’ire du Quai d’Orsay.

Au sein du groupe des Républicains (ex-UMP), quelques voix ses sont élevées ces derniers mois pour dénoncer ce tropisme russe de la droite française. Une russophilie emprunte de souverainisme et de lutte contre l’impérialisme américain d’après une enquête publiée par "Le Monde" en avril. Le député européen Arnaud Danjean, dont les positions sont toujours restées fermes vis-à-vis de la politique russe, confiait alors son inquiétude auprès du quotidien, s’estimant de plus en plus "minoritaire" au sein de son parti face une "fascination poutinienne".

Avec AFP

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