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Patrick Drahi, en quête d’influence, investit dans NextRadioTV

Le magnat des médias Patrick Drahi devant le ministère de l'Économie et des Finances, le 23 juin 2015.
Le magnat des médias Patrick Drahi devant le ministère de l'Économie et des Finances, le 23 juin 2015. Thomas Samson, AFP

Le patron d'Altice (SFR-Numéricable) fait preuve d’une véritable boulimie d’achat de médias en France. Dernier en date : sa prise de participation dans NextRadioTV, qui comprend la radio RMC et la chaîne d'info en continu BFM-TV. Analyse.

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Patrick Drahi s’arrêtera-t-il ? Après avoir fait l’acquisition de "Libération" et de "L’Express", le patron d’Altice (SFR-Numéricable, Virgin Mobile…) se lance à l’assaut du groupe NextRadioTV, propriétaire de la chaîne d’informations en continu BFM-TV et de la radio RMC. Lundi 27 juillet, la holding du milliardaire franco-israélien a annoncé avoir noué un partenariat stratégique avec le groupe d’Alain Weill en vue de le racheter d'ici 2019.

"Pour la première fois, il va y avoir en France un magnat des médias possédant des entreprises de la presse écrite et de l’audiovisuel", réagit Julia Cagé, économiste, spécialiste de l’économie des médias, et auteur de "Sauver les médias – Capitalisme, financement participatif et démocratie" (Seuil, 2015).

"C'est assez inquiétant, poursuit-elle. Aux États-Unis, ce genre d’empire 'crossmedia' n’est pas possible, car l’autorité de régulation [la très puissante Federal Communications Commission (FCC)] ne le permettrait pas. Cette situation pose la question du pluralisme. J’aimerais donc un réveil du gouvernement français", s’emporte Julia Cagé. Elle rappelle que la dernière loi sur la concentration des médias en France date de 1986, donc avant internet et avant les chaînes d’informations en continu.

>> À voir sur France 24 : "Les médias deviennent des danseuses pour milliardaires en mal d'influence"

Achat d’influence

Une montée en puissance dans ce secteur d'autant plus inquiétante que Patrick Drahi n’est pas perçu comme un amoureux des médias. En achetant le quotidien "Libération", il a fait un plan social qui a vu le départ d’un tiers des journalistes ; à l'hebdomadaire "L’Express", il a ouvert une clause de session pour obtenir une réduction drastique du personnel. "Économiquement, il ne va pas faire de bénéfices, il va surtout essayer de limiter les pertes", résume Julia Cagé. L’économiste rappelle que Patrick Drahi n'a engagé que peu d’investissements dans les médias qu’il a rachetés, excepté dans les considérations immobilières en voulant vendre le siège de "Libération" pour déplacer les équipes dans les locaux de "L’Express".

Combat de titans pour le contrôle des médias

Mais alors, que cherche le milliardaire en multipliant ces achats dans les médias ? "Patrick Drahi s’achète de l’influence en achetant des marques fortes", explique Julia Cagé. Son objectif : asseoir sa présence dans le paysage médiatique français pour peser davantage sur les pouvoirs de régulation dans le secteur très règlementé des télécoms.

 

Selon Julia Cagé, l’OPA sur NextRadioTV a un autre avantage pour Patrick Drahi : "Cet achat lui permet de s’imposer dans le bras de fer qui l’oppose à Xavier Niel". Le patron d’Iliad avait racheté le quotidien "Le Monde" (en 2010) puis l’hebdomadaire "Nouvel Observateur" (en 2014), à chaque fois avec Pierre Bergé et Matthieu Pigasse. Xavier Niel avait aussi investi dans les médias en ligne, notamment Atlantico et Mediapart. Jusque-là, Patrick Drahi était resté plutôt en retrait. Mais "en devenant le premier des deux à investir dans l’audiovisuel français, il fait un pied de nez à Xavier Niel", analyse Julia Cagé.

 

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