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Areva cède ses réacteurs nucléaires à EDF pour 2,7 milliards d’euros

Loïc Venance, Archives AFP

Les groupes Areva et EDF ont dévoilé, jeudi matin, les premiers détails d’un protocole d’accord qui prévoit notamment un contrôle majoritaire de l’électricien sur Areva NP, filiale en charge des centrales nucléaires.

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En grosses difficultés financières, Areva lance la première phase de son plan de sauvetage. Jeudi 30 juillet, après des semaines de discussion, la multinationale française de l’énergie et EDF ont annoncé qu’ils avaient réussi à s’entendre sur un protocole d’accord prévoyant la cession à l’électricien de 51 % à 75 % du capital d’Areva NP (filiale en charge des réacteurs du groupe nucléaire).

L’accord avec EDF, d’un montant total de 2,7 milliards d’euros, stipule qu’Areva conservera un maximum de 25 % de sa filiale et que d’autres investisseurs minoritaires pourront entrer au capital de la société, chargée de la construction des réacteurs, de l’assemblage des combustibles et de l’entretien des installations.

>> À lire sur France 24 : "L'État veut 'pérenniser' la filière nucléaire autour d'EDF"

Une finalisation mi-2016

"C’est un changement structurel de la filière nucléaire française de réacteurs. Désormais, il n’y aura plus qu’une seule direction stratégique, une seule politique produits, une seule organisation de nos efforts à l’exportation", a souligné le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy, lors d’une conférence téléphonique.

EDF a indiqué qu’il prévoyait une offre ferme au dernier trimestre 2015 et une finalisation au deuxième semestre 2016. Areva a, de son côté, fait savoir que la finalisation de l’opération était notamment soumise à une issue favorable dans le cadre des vérifications en cours sur la cuve de l’EPR en construction à Flamanville.

L’électricien public a obtenu d’être "totalement immunisé" (financièrement) contre les risques de surcoûts dans la construction des réacteurs EPR en Finlande et à Flamanville (Manche). Le chantier finlandais, dont le coût initial était de 3 milliards d’euros, pourrait dépasser 8 milliards. En outre, le contrat liant les deux groupes sur le traitement et le recyclage des combustibles nucléaire devrait être revu, avec une baisse des prix pour EDF.

Areva prévoit une augmentation de capital

Mais la perspective de ce rapprochement ne signifie pas que la viabilité d’Areva est assurée. Le groupe détenu à 87 % par l’État a enregistré une perte historique de 4,83 milliards d’euros en 2014. Au premier semestre 2015, il a encore perdu 206 millions d’euros.

Le groupe estime avoir besoin de 7 milliards d’euros supplémentaires pour la seule période 2015-2017. Plus de 3,5 milliards seraient couverts par la vente de l’activité réacteurs, ainsi que d’autres cessions pour 400 millions d’euros et des éléments de financement propres à l’entreprise. Jeudi, Areva a annoncé qu’une recapitalisation "significative" de la part de l’État était à l’ordre du jour, sans préciser son montant.

Areva se met à la diète, visant un milliard d’euros d’économies d’ici 2017, moyennant notamment 5 000 à 6 000 suppressions de postes, dont 3 000 à 4 000 en France.

Avec Reuters

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