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"Chasse au trésor" et confusion après la découverte de "faux" débris à La Réunion

Des volontaires recherchent d'autres débris sur la plage de Saint-André à La Réunion, le 31 juillet 2015.
Des volontaires recherchent d'autres débris sur la plage de Saint-André à La Réunion, le 31 juillet 2015. Ouissem Gombra, Imaz Press Reunion, AFP

Le fragment d'aile retrouvé mercredi à La Réunion a lancé une traque au débris sur les rivages de l'île. Dimanche, la découverte d'une pièce métallique a provoqué une nouvelle agitation, mais il ne s'agissait que d'un déchet quelconque.

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À La Réunion, la chasse au trésor pour mettre la main sur des restes du MH370 est lancée, mais quatre jours après la découverte d'un fragment d'aile susceptible de provenir du Boeing 777 de la Malaysia Airlines disparu, aucune pièce d'intérêt n'a été charriée par la mer.

Près d'un an et demi après la sortie des radars du vol MH370 avec 239 personnes à bord, la confusion règne sur les plages de l'île, où promeneurs et joggeurs traquent le moindre objet pouvant provenir de l'avion.

De nouveaux débris métalliques ont ainsi été découverts, dimanche 2 août dans la matinée, par des badauds, puis remis aux forces de l'ordre locales pour qu'ils soient confiés aux enquêteurs de la gendarmerie des transports aériens.

Une source proche de l'enquête avait affirmé qu'ils avaient été placés sous scellés, mais une source judiciaire a démenti deux heures plus tard "tout placement sous scellés d'objet ou de débris susceptibles de provenir d'un avion, dans le cadre de la procédure judiciaire en cours" : les promeneurs n'ont récolté jusqu'ici que de la vulgaire ferraille.

"Il y a une sorte d'esprit ‘chasse au trésor’ qui est en train de s'installer et on nous appelle pour tout et parfois n'importe quoi", a-t-on expliqué de source proche de l'enquête.

"Des objets, il y en a tout le long de la côte"

"Les gens sont plus vigilants. Le moindre objet métallique qu'ils vont trouver sur la plage, ils vont penser qu'il appartient au vol MH370. Mais des objets, il y en a tout le long de la côte, la mer en rejette continuellement", a affirmé Jean-Yves Sambimanan, directeur de la communication de la commune de Saint-André.

Et sur l'île, "tout le monde se pose la question" de savoir pourquoi les autorités ne ratissent pas systématiquement la côte, dit-il. Des hélicoptères de la gendarmerie ont bien survolé le littoral le jour de la découverte du flaperon sur une plage de galets à Saint-André mais, depuis, plus rien.

Habituées aux fausses alertes depuis le début des investigations, les familles oscillent entre optimisme et circonspection : "Il y a tellement d'éléments, maintenant, qui indiquent que c'est le MH370", a réagi Nur Laila Ngah, dont le mari était chef de cabine sur ce vol. "Mais c'est toujours douloureux, c'est douloureux depuis si longtemps. Nous avons besoin de tous les indices possibles et de clore ce chapitre pour continuer nos vies".

Pour tenter de retrouver d'éventuels débris de l'avion portés par les courants à des milliers de kilomètres de son lieu de disparition, le département de l'aviation civile malaisienne a annoncé avoir contacté ses homologues à l'ouest de l'Océan Indien afin de les sensibiliser à de possibles découvertes.

"Il ne faut pas attendre des miracles de cette analyse"

Une réunion à huis clos est prévue lundi à Paris entre quatre responsables malaisiens et un des magistrats français chargés de l'enquête, un membre du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) et des gendarmes, pour faire le point.

Le fragment d'aile retrouvé à Saint-André a été acheminé samedi près de Toulouse dans un laboratoire, où il va être expertisé à partir de mercredi.

Mais ce simple morceau de carlingue risque de ne pas suffire à résoudre l'énigme. "Il ne faut pas attendre des miracles de cette analyse", selon l'ancien directeur du BEA Jean-Paul Troadec.

Selon lui, il faudra s'attacher à quelques éléments, notamment "le numéro de série de la pièce, s'il figure dessus" et les coquillages présents, et se demander "comment cette pièce s'est détachée de l'avion" : au moment de l'impact ou bien en vol ?

Pierre Bascary, ancien directeur des essais de la Direction Générale de l'Armement (DGA) affiche la même prudence : pour tirer des conclusions, il faudrait que "la pièce soit au centre de l'accident, les chances sont assez faibles". Avec ces "deux m2 d'avion", "cela va être très difficile d'avoir des certitudes", selon lui. "On aurait pu regarder l'épave de Germanwings pendant des années, si on n'avait pas eu les boîtes noires, on n'aurait rien compris", poursuit-il.

Avec AFP

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